Sports News of Mercredi, 19 Avril 2017

Source: cameroun24.net

Je ne veux pas aller en prison - Pierre Semengue

Ces gendarmes des finances publiques vont contrôler la manière donc le financement versé par l’état du Cameroun, depuis plus de 5 ans à la ligue est géré. Le général d'armée en deuxième section et par ailleurs patron de la LFPC affirme, que la gestion de sa part de pactole est irréprochable. Il porterait cependant des réserves sur ce qu'en font les présidents de club de la subvention reçue. D'où la présence des enquêteurs du Consupe pour voir claire dans cette affaire. Une situation qui suscite des grincements de dents et altère les relations déjà très peu harmonieuses entre le vieux général et les responsables des équipes de Ligue 1 et 2.

Depuis quelques temps les relations entre les responsables des clubs de l’élite et le président de la ligue de football Professionnel du Cameroun, le général Pierre Semengue sont très tendues. Une situation incompréhensible quand on sait, que le 28 juillet 2016 grâce à ces mêmes dirigeants de clubs, le général Pierre Semengue battait Franck Happi aux élections sur un score à la soviétique de 26 voix contre 7. La relation entre les deux partis s’est empirée ces dernières semaines. Ce qui a emmené le président de la Ligue à claquer la porte, lors des réunions du conseil d’administration de l'instance. Qu’est ce qui peut expliquer cette fronde ?

Notre enquête nous permet de dire, que plusieurs causes expliquent cette situation plus que jamais préjudiciable aux premiers acteurs de notre football, que sont les jeunes footballeurs. Pour certains, le comportement actuel des présidents de clubs est guidé, depuis la tour de Tsinga. ‘’ C’est lors de la dernière coupe d’Afrique des nations au Gabon que Tombi A Roko a mis en place son plan maquiavélique avec les présidents qu’il avait fait venir au Gabon ‘’, pense une source anonyme que nous avons interviewée.

Toujours dans la même veine, les auteurs de la thèse du complot pensent, que c’est le fameux contrat MTN qui choque les locataires de Tsinga. Pierre Semengue aurait directement négocié le retour de la société de téléphonie mobile sud africaine dans le football camerounais, grâce à son entregent au palais de l'unité. Le secrétaire général de la Ligue au banc des accusés.

Thérèse Pauline Manguele, le secrétaire général de la Ligue est aussi au banc des accusés dans ce conflit. On lui reproche de parler avec le général le jour et de comploter avec Tsinga dans la nuit. Son double jeu est surtout mis en exergue dans le dossier TKC où, on lui reproche sa sympathie à peine voilée pour Onambelé Zibi, qui pourtant est l’ennemi juré du "soldat de faction" à la Ligue. Dans ce conflit d’intérêt entre les différents protagonistes de la crise à la ligue de football professionnel, Pierre Semengue n’est pas blanc comme neige, révèle certaines sources. Ces derniers soutiennent, que sa versatilité devient légendaire: un coup il est contre la Fecafoot, un autre coup il écrit à la Fecafoot pour prendre leur position sur les sujets importants notamment la légitimité des dirigeants de clubs. On lui reproche également de ne pas cracher sur l’argent de la Fecafoot. Il vient d’ailleurs d’encaisser un cheque de 160 millions remis par la Fecafoot. Cet argent proviendrait des retombées de la dernière Can. Car Issa Hayatou avant de quitter la tête de la CAF avait pris le soin de verser la part du Cameroun à la Fecafoot sans même attendre, que Total le sponsor de la Can paye.

J'ai passé ma vie dans les stratégies

Pierre Semengue bousculé et se sentant de plus en plus esseulé à la ligue s’est souvenu que pendant toute sa vie il n’a fait que des stratégies. L'invitation d'une équipe du contrôle supérieur de l'Etat au siège de la Ligue fait sans doute partie d'une stratégie de l'ancien patron de l'armée camerounaise. Sachant que la gestion des subventions accordées par l'Etat aux présidents de clubs pour la rémunération des joueurs n'est pas utilisée pour la cause, c’est alors qu’il est allé demander au contrôle supérieur de l’état de venir scruter la gestion financière de la ligue. Depuis quelques semaines, le gendarme des finances publiques a donc élu domicile au siège de la ligue au quartier Fouda où tous les documents sont passés au peigne fin. Le but de cette manœuvre est sans doute de montrer, que depuis plus de 5 ans que l’état du Cameroun finance le football camerounais à travers la Ligue, les présidents de clubs perçoivent de l’argent pour les salaires des joueurs mais utilisent cet argent à d’autres fins. Une action assimilable à un détournement de denier public aux yeux de loi de la république.

‘’ L’argent que je reçois pour la gestion quotidienne de la ligue est bien géré, les salaires sont régulièrement payés, les arbitres sont payés ainsi que les commissaires de matchs, j’espère que les présidents de clubs vont pourvoir justifier l’argent qu’ils reçoivent pour les salaires des joueurs ‘’ menace le général pour justifier la présence des enquêteurs du Consupe. Le stratège Semengue sort son joker. Les présidents de clubs prennent peur!

Dans le camp des clubs, ils ont très vite compris que le général Semengue vient de sortir un autre joker. Les plus intelligents se sont ravisés et n’hésitent pas à aller nuitamment accuser leurs collègues chez le général. Le 14 avril dernier, même le général Semengue était surpris du calme des présidents de clubs, lors de l’assemblée générale de la Ligue. Même Franck Happi monté par les présidents de clubs pour parler ce jour est resté curieusement aphone.

En attendant de voir ce que nous réserve ce feuilleton, les perdants restent les pauvres footballeurs victimes de cette honteuse guerre d’intérêts. Depuis le début de cette saison, plusieurs joueurs n’ont pas encore reçu le moindre salaire et Dieu seul sait s’ils vont le percevoir avant la fin du présent championnat qui est rendu à la 10 eme journée. On espère tout de même, que loin d'une simple stratégie militaire, le Consupe va les aider à se tirer d'affaire!