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General News of Friday, 22 February 2019

Source: Mutations N°4796

13 février: le cadeau d’anniversaire manqué de Paul Biya


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Le 13 février dernier, le chef de l’Etat, Paul Biya a célébré dans l’intimité de sa résidence de Mvomeka’a son 86e anniversaire. Sur les images de circonstance postées sur le site de la présidence de la République et rendues virales sur les réseaux sociaux, la fraîcheur et le sourire présidentiels en disent long sur l’état d’esprit du locataire du palais d’Etoudi depuis 36 ans. «Ai-je l’air si fatigué ?». La question rhétorique de Paul Biya à la presse française il y’a quelques années, lorsqu’un journaliste lui demandait s’il envisageait de prendre sa retraite eu égard à sa longévité au pouvoir et son grand âge semble si actuelle…

Aux côtés de son épouse et de quelques proches triés sur le volet, Paul Biya avait en tout cas l’air d’être sur un nuage. A mille lieues de là, au Palais des congrès de Yaoundé, une réplique de la célébration de l’anniversaire présidentiel, le tintamarre et la courtisanerie en plus, a polarisé l’attention. Le scénario se répète chaque 13 février et l’on se demande toujours pourquoi le champion du Rdpc prend autant de distance vis-à-vis de son monde, jamais à court de salamalecs à son égard. Il faudra sans doute lire et relire le « code Biya » pour détricoter cette attitude. Il faudra encore plus s’approprier ce code pour comprendre le silence mâtiné de jouissance du chef de l’Etat, Paul Biya, devant les ennuis judiciaires de son principal opposant, en l’occurrence Maurice Kamto. La mise sous mandat de détention provisoire du candidat classé 2e à la présidentielle 2018, la veille de l’anniversaire de Paul Biya et à quelques jours du sien propre, est un virage dans le rapport du chef de l’Etat à ses rivaux politiques déclarés.

Depuis le retour au multipartisme en 1990, le pas n’avait jamais été franchi, pourtant ce n’est pas la première fois qu’on parle de « victoire volée »…En affichant sa décontraction à l’occasion de ses 86 balais, au moment où l’embastillement de Kamto et de dizaines de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) faisait les choux gras de la presse nationale et internationale, Paul Biya a donné à voir des indices de soulagement et de triomphe.

En effet, à la tête d’un pays qui respire depuis plus de trois décennies à son rythme, « l’homme du 06 novembre » dont la relation avec le pouvoir est qualifiée d’obsessionnelle et fusionnelle a dû se demander de quel droit son ancien ministre peut le présenter comme un président « illégitime ». Le chef de l’Etat a dû s’interroger sur la détermination de sa «créature» à goûter le « fruit défendu » du pouvoir suprême.

En temps ordinaire, le natif de Mvomeka’a, qui a pris l’habitude d’avancer à pas comptés et de jouer de pondération, aurait gratifié son principal concurrent d’un « cadeau d’anniversaire », sous l’emballage d’une remise en liberté après la détention administrative. Mais son intime conviction sur le cas Kamto et accessoirement les conseils de certains de ses lieutenants, qui ont déjà l’œil sur l’après-Biya, ont sans doute pesé sur la balance.

Reste à savoir jusqu’où ira ce choc à fleurets démouchetés. Le code de justice militaire donne la latitude au chef de l’Etat d’ordonner, via le ministre délégué à la Défense, l’arrêt des poursuites « à tout stade de la procédure et avant l’intervention d’une décision au fond, lorsque ces poursuites sont de nature à compromettre l’intérêt social ou la paix publique ». Paul Biya fera-t-il cette « fleur » à Maurice Kamto ? Comment celui-ci l’appréciera ? Là se joue sans doute le 2e tour de l’élection présidentielle

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