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General News of Tuesday, 5 February 2019

Source: INTÉGRATION N°355

Arrestation de Kamto: Biya matraque la démocratie camerounaise

Le Cameroun a une fois de plus fait la une de la presse interna- tionale ces derniers jours. Pour des raisons peu en- vieuses. Le samedi 26 jan- vier, une manifestation pacifique d’un parti de l’opposition le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), interdite par les autorités, est répri- mée par les forces de l’or- dre à travers le pays. Des policiers et des gendarmes ont fait un «usage disproportionné de la force», dé- plore l’Union européenne dans une communication.

Tirs sur des manifestants, passages à tabac, arrestations arbitraires, séquestrations et détention de militants et de journalistes, etc. en une semaine, le pays a fait démentir le discours rabâché des décennies durant sur le res- pect de l’État de droit et des libertés. L’arrestation de Maurice Kamto, président national du MRC, fi- gure de proue de l’opposition, classé deuxième à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2018, complète ce tableau.

Mal noté

Ces évènements ne sont que les derniers d’une longue liste de dérives autoritaires, dont certaines sont encore enregistrées dans le cadre de la crise anglophone, de la guerre contre Boko Haram, dans la gestion quotidienne de la cité ; ou encore dans la conduite des processus électoraux. Parfait timing ou simple hasard du calendrier, c’est dans cet envi- ronnement de terreur distillée que le dernier rapport de The Economist, Inteligence Unit un think tank d’analyses basé en Angleterre classe le Cameroun parmi les pays avec un pouvoir les plus autoritaires du monde.

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Dans ce rapport 2018, paru il y a quelques jours, l’organisation analyse le risque pays pour les investisseurs. Il y est indiqué que le Cameroun est le 13e pays le plus autoritaire (sur les 44 pays) d’Afrique au sud du Sahara, et le 136e pays le moins démocratique au niveau mondial sur près de 180 pays analysés. Les critères d’évaluations sont : le processus électoral et le pluralisme, la gouvernance, la participation politique, la culture politique ; et le respect des libertés civiles. Et à chacun de ces critères, le Cameroun flirte avec le bas du classement. L’ile Maurice étant le pays africain le plus démocratique selon cette étude.

Responsabilités

Une place que conteste tout de même Claude Abe. Ce sociopolitiste estime que si pour ces raisons le Cameroun est considéré comme une dic- tature, le débat en France sur l’interdiction des manifestations peut placer ce pays dans la colonne des régimes dictatoriaux. «Le fait qu’on essaie de défendre un ordre de paix, ne fait pas d’un pays une dictature», défend-il. Pour autant, cet universitaire déplore le tout répressif qui caractérise le pouvoir de Yaoundé. «Ce qui gêne dans le cas du Cameroun c’est que l’on em- pêche aux gens de s’exprimer à travers des manifestations. Rendez les responsables des manifestations responsables. Cela veut dire que s’il y a des débordements, vous les rendez responsables de trouble à l’ordre public». Cependant, il appelle «tous les acteurs à jouer franc jeu». «Vous avez perdu une élection. C’est acté. Sans avoir apporté la preuve du contraire, vous êtes dans une proclamation d’une vic- toire volée. Vous défier l’ordre Républicain. C’est inacceptable, nulle part dans aucun pays ce ne peut être accepté», conclut-il.