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General News of Saturday, 31 March 2018

Source: cameroonvoice.com

Atrocités en zones anglophones: les vérités qu'Atanga Nji cache aux camerounais

La disposition du gouvernement camerounais à sortir le pays du pétrin de la crise anglophone par la négociation, ce sera probablement le plus gros bluff de l'année. Avec au rôle de chef bandit et grand pipeauteur devant les hommes, le nouveau ministre de l'Administration Territoriale, Paul Atanga Nji.

Clôturant par Buea, ville chef-lieu de la région du Sud-ouest une tournée dite "d'évaluation de la situation sécuritaire" qu'il a entreprise depuis une semaine dans les régions anglophones du Nord-ouest -dont il est ressortissant- et du Sud-ouest, régions en proie depuis 2016 à une violente insurrection séparatiste, le ministre de l'Administration territoriale camerounais, Paul Atanga Nji, s'est laissé aller jeudi à une énième déclaration d'intention aussi vaine que les précédentes, au sujet de la disposition du gouvernement à dialoguer.

« On peut résoudre le problème sans avoir à détruire. Le gouvernement est prêt à dialoguer, mais uniquement avec ceux qui recherchent l'unité du Cameroun », a affirmé le ministre qui, outre cette conditionnalité qui rend illusoire l'éventualité d'un dialogue, s'est aussitôt empressé de recadrer ceux qui proposent la solution d'une concertation au niveau national relative au problème anglophone. Pour l'apparatchik d'un régime qui évite comme la peste tout forum pouvant remettre en cause ses –c'était déjà le cas dans les années 1990 avec son opposition irréductible à la "Conférence Nationale Souveraine"-, il n'y a pas lieu de parler d'un dialogue national, car « Le dialogue est déjà en cours. (...) On discute avec les avocats, les enseignants, (...) mais il est hors de questions de discuter avec les bandits de grand chemin qui perturbent l'ordre public ».
Comme on peut le constater, il fait allusion justement aux séparatistes qui se manifestent ces dernières semaines par des enlèvements de personnalités et des assassinats de soldats et de policiers camerounais en réaction aux atrocités perpétrées par ces derniers sur les populations civiles dont des centaines ont été tuées depuis la crise, des milliers blessés et emprisonnés et des dizaines de milliers d'autres obligés de prendre le chemin de l'exil.

Le ministre camerounais n'ayant même pas eu la décence de mentir finement –pour ce faire il n'aurait par exemple pas restreint curieusement le champ du dialogue à ceux qui épousent comme lui la mythique théorie de l'unité et de l'indivisibilité de l'Etat alors que le vrai problème actuel est celui de la partition du pays- la Communauté internationale à qui son message de dialogue est plus destiné, juste question de la prendre à témoin, doit pouvoir constater que les autorités camerounaises se sont engagées dans une fuite en avant n'augurant aucune issue de la crise.
On ne le répétera jamais assez, la solution d'un conflit se trouve toujours entre les mains, dans les cœurs et les esprits des parties qui l'entretiennent, et non des membres d'un seul camp donné.

Tout le reste n'est que mensonges et démonstration de ce que le propos du ministre sur la disposition gouvernementale au dialogue n'est qu'un coup de poker menteur, et que ceux qui y trouvent un changement inédit de la gestion par Yaoundé de la crise anglophone se trompent lourdement !

- Mensonge éhonté quand le ministre se félicite mardi du calme dont il a constaté la prévalence dans les régions anglophones et que mercredi des affrontements entre sécessionnistes et des éléments d'un poste avancé de l'armée camerounaise ont lieu à Moundongo (une localité de l'arrondissement d'Ekondo-Titi où ce membre du gouvernement avait pourtant séjourné l'avant-veille) ;
- Mensonge innommable quand le même ministre se félicite de la tenue dans la sérénité des élections sénatoriales du 25 mars alors que des échanges de coups de feux ont rythmé le scrutin dans les deux régions anglophones au point même où dans le Sud-ouest, les bureaux de vote ont dû fermer deux heures avant l'heure de fermeture prévu dans la loi électorale ;
Mensonge cynique encore pour qui sait que depuis lundi des villages de la région du sud-ouest continuent d'être passés par le feu par l'armée qui recherche toujours des séparatistes armés. C'est le drame vécu ces jours-ci par les populations des villages Bokosso, Bole, Panya, dans le département de la Meme, et des villages Bole, Pondo, Kumbe, Dikoume, Libanyangue, Ekwe dans le département du Ndian.


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Godwill Okia Mukete. SGA N°2 de l'Assemblée Nationale.Sa vaste résidence à Ngolo Mekoto est occupé par des séparatistes armés

Plus pathétique encore est le cas du village Ngolo Metoko dont est originaire Le Sécrétaire Général Adjoint N°2 de l'Assemblée Nationale du Cameroun, le magistrat 4ème grade Godwill Okia Mukete. Depuis le début de la semaine, et ce jusqu'au moment où nous mettions en ligne, des éléments armés, présentés comme des sécessionnistes, y ont élu domicile, et affirment ne pas avoir l'intention d'en repartir, à moins d'en être délogés par la force. Les habitants de ce petit village d'environ 3.000 âmes l'ont tous déserté et se sont refugiés dans la brousse des kilomètres plus loin, avec le risque encouru d'être dévorés par les chiens policiers -c'est récurrent- qui accompagnent les militaires dans la traque des sécessionnistes.

Parmi les fugitifs du village Ngolo Metoko, se trouve une presque centenaire, Mamy Regina Bokwe, sœur du Secrétaire général de l'assemblée nationale, très malade qui ne peut plus recevoir de soins depuis lors, et qui passe la nuit à la belle étoile, refusant même à ses enfants de rentrer au village chercher ses médicaments de crainte qu'ils ne soient brûlés vifs par l'armée.