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General News of Thursday, 9 November 2017

Source: aa.com

Au Cameroun, le manque de reboisement met la mangrove en danger

Considérées comme écosystèmes indispensables pour l’environnement et l’homme, les mangroves sont menacées de disparition à travers le monde, faute de reboisement.

Au Cameroun en particulier, bien que la mangrove s’étend sur des milliers d’hectares, le manque du sens de la responsabilité chez de nombreux exploitants, met en danger cet environnement naturel, indispensable pour la survie de plusieurs espèces, alertent les experts.

L’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) chiffre les espaces de mangrove au Cameroun à environ 250 000 hectares.
Il s’agit d’un écosystème permettant d’absorber les émissions en CO2, donc, un régulateur naturel du climat, ralentisseur du réchauffement climatique et refuge pour certaines espèces animales.

Cependant, comme dans de nombreux pays du monde, la mangrove camerounaise est menacée. Et les causes ne sont pas méconnues.

En effet, selon l’expert camerounais Langmi Moses, président de la Société coopérative pour la conservation et la régénération de la mangrove dans le littoral (SO COOP.CO.RE.M), «La mangrove camerounaise a pour principal problème le manque de reboisement, auquel se refusent certains exploitants.»

A cet effet, il a expliqué à Anadolu, en marge d’une rencontre avec les exploitants de la mangrove, tenu courant octobre, que «la solution réside dans une autorisation gouvernementale permettant de dire «non» à toute personne qui refuse de reboiser.

«Nous ne manquerons pas de mangroves si les coupeurs exploitants reboisent », affirme-t-il.

«Nous avons besoin d’un accord gouvernemental qui nous donne la possibilité de dire «non» à ceux qui exploitent sans reboiser. Cela améliorerait la situation. On n’a pas besoin de finances, juste de pirogues pour se déplacer et aller empêcher l’exploitation anarchique dans les zones de mangrove.»
Avec son association, Langmi lutte pour la régénération des espaces de mangrove dégradés.

N’ayant aucun droit d’interdiction ou de permission sur les activités liées aux mangroves, il se contente d’exhorter les exploitants à une meilleure exploitation.

«Nous ne couvrons pas les exploitants ni la zone exploitée. Nous leur demandons juste de replanter dix arbres en échange d’un arbre coupé », a-t-il souligné.
Et d’ajouter que : « Sur le terrain, certains exploitants refusent de coopérer avec nous. La mangrove camerounaise est à 75% en danger », constate-t-il.

Cependant, si le reboisement intervient comme le moyen de préserver la mangrove, le fondateur de cette association écologique accuse également la destruction de ce reboisement par les coupeurs de perches.

Par ailleurs, concernant la préservation de l’écosystème des mangroves au Cameroun, le 13 janvier 2006 le chef d’Etat camerounais, Paul Biya a signé la convention Ramsar sur les terres humides.

Il s’agit d’un traité intergouvernemental offrant un cadre d’action nationale et de coopération internationale pour la conservation et l’utilisation durable des terres humides et les habitats de mangroves.

Dans le même contexte, également, depuis 2013, la FAO (L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a mis sur pied un canevas de gestion durable et de conservation des mangroves, à travers la création de plusieurs hectares de forêts communautaires pilotes dans certains cantons du littoral camerounais.

Il y va de la qualité de la vie et de la vie elle-même.