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General News of Tuesday, 5 February 2019

Source: Mutations No 4788

Bangou: le trône de la discorde

Lors de la cérémonie de désignation du nouveau chef de cette contrée, Sa Majesté Arnaud Tchiwou Tayo, une tentative de bicéphalisme a exhumé les vieux démons d’une présumée usurpation.

La dynastie Bangou est plongée dans un imbroglio. Au cours d’une cérémonie de désignation officielle récemment organisée au sein de cette chefferie située dans le département des Hauts-Plateaux, région de l’Ouest ; l’unanimité n’a pas prévalu. Ceci, en dépit du fait que Sa Majesté Arnaud Tchiwou Tayo a succédé dans la douleur à son père, Marcel Tayo II, décédé après 39 ans de règne. Des sources proches de la chefferie rapportent que le grand-père du nouveau chef y a régné pendant 12 ans. Agé de 31 ans, l’heureux élu était jusqu’à lors étudiant en troisième année à la Faculté d’agronomie et des sciences agricoles (Fasa), à l’Université de Dschang.

Dans la pure tradition, le nouveau chef a reçu ses attributions dont un bâton de commandement, avant d’être présenté, sous de fortes ovations, à la population et aux autorités administratives. Il a directement été conduit, au LaahKam (lieu d’initiation à la tradition, Ndlr), où il séjournera pendant neuf semaines. Seulement, des tractations ont été observées après que le camp adverse ait également procédé à une opération similaire. En effet, Maurice Ngambou Kémayou (fils du défunt roi Paul Bernard Kémayou, ayant lui aussi régné dans la même chefferie, Ndlr), a été désigné chef dans la même contrée par l’un des notables revanchards.

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Cette situation a quelque peu semé la zizanie. A travers des réclamations qui révèlent une éventuelle manipulation. En effet, le premier camp (celui de la famille Tayo, Ndlr) dit ne pas reconnaitre un autre chef hors de la lignée de la famille Sinkam. Pourtant, depuis plusieurs années, des photos de Charles Nana Sinkam sont visibles à toutes les manifestations organsinées dans cette contrée. Toute chose qui indique que la mémoire de cet ancien chef qui a régné entre 1937 et 1950 au sein de cette chefferie plane toujours…

Pour mémoire, quelques semaines plus tôt, le sous-préfet de cet arrondissement avait signé un texte interdisant toute désignation jusqu’à nouvel avis. Mais curieusement, les choses ont changé et la zone a fortement été militarisée pour parer à toute éventualité. Malgré ce climat délétère au sein de la chefferie, la cérémonie de désignation du nouveau chef était agrémentée de danses traditionnelles et de rituels visant à rendre un vibrant hommage au défunt chef, Marcel Tayo II.