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General News of Thursday, 28 February 2019

Source: cameroonvoice.com

Boko Haram: MSF dénonce le renvoi des refugiés nigérians de Garoua

Poussés à l'exil par les terroristes de la secte Boko Haram, près de 40.000 demandeurs d'asile nigérians sont arrivés au Cameroun en janvier dernier comptant y trouver refuge. Mais avec la complicité des autorités nigériane, le Cameroun vient de leur intimer de retourner chez eux, suscitant une vive appréhension de Médecins sans frontière (MSF).

L'ONG internationale s'est exprimée sur cette délicate affaire mercredi, mettant en exergue les menaces qui planent sur ces dizaines de milliers de vies, qui, déjà au Cameroun, vivaient dans des abris de fortune et manquaient de ressources de base pour leur survie malgré les efforts consentis par les organisations humanitaires et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), si elles retournaient dans leur localité d'origine, à Rann, dans le Nord-Est du Nigeria.

Ci-dessous, la déclaration de MSF

Yaoundé, le 27 février 2019

Il y a trois semaines toute la population de la ville de Rann dans le Nord-Est du Nigéria a fui pour trouver refuge à Goura au Cameroun. Près de 40.000 personnes vivent dans des abris de fortune depuis leur arrivée, mais ils sont en train de quitter le Cameroun après qu'on leur a demandé de rentrer chez eux.

Stéphanie Rémion, Coordonnateur des urgences de MSF à Goura :

« Aujourd'hui, nous voyons des personnes faire leurs bagages et quitter Goura pour retourner à Rann, après que les autorités camerounaise et nigérianes leur ont demandé de partir. Nous sommes extrêmement inquiets de ce qui va leur arriver de retour à Rann, où la situation sécuritaire est encore volatile et il n'y a pas d'assistance humanitaire. Rann a été attaqué à plusieurs reprises ces derniers mois et plusieurs des patients que nous avons traité à Goura nous ont dit avoir fui parce qu'ils avaient peur. Ils ne veulent pas retourner là-bas. Il y'a eu des cas de rougeole à Goura et si ça se répand à Rann, où il n'a pas d'accès aux soins médicaux, ce sera un désastre. Nous en appelons aux gouvernements du Cameroun et du Nigéria à protéger ces populations vulnérables et à s'assurer qu'ils puissent être en sécurité à l'endroit de leur choix et qu'ils y aient accès à l'essentiel en termes d'abris, de nourriture et de soins médicaux. »