You are here: HomeNews2019 02 28Article 457422

General News of Thursday, 28 February 2019

Source: cameroonvoice.com

CONFIDENTIEL: les raisons cachées de l'arrestation de Me Ndoki

Jusqu'à son arrestation il y a un peu plus de 24 heures nombreux sont les Camerounais qui cherchaient à percer le mystère de l'acharnement, du déchainement de haine de la part des agents du régime (forces de répression, justice, communicateurs de crise officiels et officieux se recrutant tant dans les médias qu'au sein de certaines figures ayant pignon sur rue) la personne de Michèle Ndoki.

Il a fallu que survienne son arrestation pour que les langues se délient, laissant échapper depuis mardi soir, des indiscrétions dont la juxtaposition permet de construire le puzzle d'une haine qui se veut mortelle. En toute démocratie.

"En toute démocratie" ? est-on tenté de se demander, ébahi. Eh oui !, en toute démocratie, car selon les spéculations sur les mobiles de l'acharnement contre Michèle Ndoki que nous avons pris la peine de noter, ceux qui en veulent à la vie de cette dame n'ont même pas conscience que dans leur chasse à… la femme contre Michèle Ndoki qui se veut une traque à mort, ils s'empêtrent dans l'obscurantisme à travers des actions antinomiques avec la démocratie, voire avec la pratique politique –tout simplement- prise ici au sens de la saine compétition entre individus pour accéder à une ou des fonctions leur donnant le pouvoir de servir la communauté et de parler en son nom.

C'est qu'en fait cette brillante femme de droit (co-lauréate en 2015 -alors qu'elle n'était qu'avocate stagiaire- avec la Tunisienne Yasmine Attia du prix du Concours de Plaidoirie Francophone Contre la Peine de Mort, organisé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), le ministère français des Affaires étrangères, l'Organisation internationale de la Francophonie, la Conférence internationale des barreaux de tradition juridique commune et le Conseil national des barreaux français) qui a naïvement cru -comme d'ailleurs de nombreux Camerounais, patriotes et épris de paix- qu'une dictature pouvait, se muer en Etat de droit sans y avoir été forcé et se plier à ses règles, s'est frotté aux feux d'un pouvoir dont elle ignorait qu'au Cameroun, c'était la propriété privée et exclusive d'un homme et de ceux qui forment autour de lui le clan des fossoyeurs à vie du "berceau de [leurs] ancêtres" communs.

Ceux-là qui lui vouent plus une inimité mortelle plutôt n'éprouvent à son encontre la simple adversité lui reprochent d'avoir en tant que ressortissante du Littoral ("tribalisation" de la politique oblige) contribué à faire du MRC la formation politique la plus en vue de la région de la région en général, et en particulier de la très disputée capitale économique, Douala, considérées jusqu'à l'élection présidentielle de 2018 comme des bastions du parti au pouvoir et du principal parti de l'opposition parlementaire, le SDF.

Le crime de l'avocate qui rappelle des décennies en arrière une certaine Alice Nkom, est d'avoir mis son talent oratoire au service du MRC dans sa région natale au point d'en faire une formation nationale et non le "parti bamiléké" ou "parti des Bamilékés" auquel des communicants haineux du régime ethnocentrique ont toujours confiné ce parti depuis l'arrivée à sa tête du très redouté Maurice Kamto.

Elle aurait ainsi, ce faisant, œuvré à faire mordre lamentablement la poussière à Douala et dans le Littoral à des élites et barons locaux du régime qui avaient promis à Paul Biya de lui ramener une victoire sans appel.

Une humiliation qui leur donné des envies de meurtre, pour l'assouvissement desquelles ils ont conseti à donner le feu vert à des nervis de la police et de l'armée revendiquant leur proximité sociologique avec le chef de l'Etat (et donc plus disposés à défendre non pas les institutions républicaines –cela se saurait- mais plutôt le privilège incessible d'avoir un président issu du grand ensemble géo-sociologique Béti) pour faire sa fête à cette fille du Littoral pas du tout soucieuse des « intérêts » des « siens » !

Voilà la trame de ce processus de mise à mort de Michèle Ndoki par ceux qui n'ont pas encore compris que le combat de cette dame, plus militante acharnée de la défense de l'Etat de droit et des droits humains que militante politique, à l'instar de ses camarades dont Maurice Kamto lui-même, a pour but l'avènement d'un Cameroun pour tous les Camerounais, qui ne laissera aucun de ses citoyens au bord de la route à cause de ses origines ethniques ou de son appartenance politique ou de ses opinions, de même qu'inversement, aucun autre ne sera indument favorisé pour les mêmes raisons.