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General News of Thursday, 8 February 2018

Source: cameroonweb.com/camer.be

Conseil Constitutionnel: Marcel Niat ‘paie le prix fort’ en soutenant Ayuk Tabe

C’est la question que se posent plusieurs Camerounais depuis la publication du décret présidentiel hier mercredi en début de soirée.

Le moins qu’on puisse dire c’est que cette nomination, qui intervient dans un contexte marqué par la rumeur persistante sur l’état de santé du président, Paul Biya donne lieu à plusieurs spéculations au sein de l’opinion nationale.

Faisant référence à l’arrestation du leader sécessionniste Sisiku Ayuk Tabé et du lien établi entre ce dernier et le président du Sénat Marcel Niat Njifenji, plusieurs analystes estiment que la nomination d’un président du Conseil Constitutionnel serait l’une des dernières mesures prises par l’entourage du président pour s’assurer d’avoir une main mise sur le numéro deux du pays.

En janvier dernier, plusieurs médias locaux avaient, en effet, révélé que Marcel Niat Njifenji avait été le mentor du leader sécessionniste Ayuk Tabe dans les années 90 alors que ce dernier faisait ses débuts à la SONEL.

Le parcours professionnel de Sisiku Ayuk Julius Tabe commence en 1992. Cette année-là, le diplômé en ingénierie de contrôle à l’université de Sheffield au Royaume-Uni intègre la compagnie de distribution électrique Sonel en tant que développeur de logiciel informatique ». Il doit son recrutement à Marcel Niat Njifenji, le tout puissant directeur général de la Société nationale d’électricité du Cameroun, dont il a participé à la création et pris les commandes, d’abord de mai 1974 à avril 1984, puis de septembre 1989 à juillet 2001. Un parrain d’autant plus puissant que le 9 avril 1992, il est nommé vice-Premier ministre chargé des Mines, de l’Eau et de l’Energie.

Difficile alors pour le conseil d’administration de s’opposer aux décisions de celui qui garde ses fonctions de DG de la Sonel tout en étant la tutelle et la hiérarchie. Certains cadres de l’époque de la Sonel, qui cèdera la place à AES-Sonel en 2001, évoquent une relation quasi filiale entre l’actuel président du Sénat et son protégé. «Une relation de père à fils se crée entre eux », se rappelle un vieux meuble de la maison.

Selon les informations publiées sur le site de l’American university of Nigeria, www.aun.edu.ng, et reprises par un autre, www.betaniz.com, qui a annoncé le 20 juillet 2017 l’élection d’Ayuk Julius Tabe par le Southern Cameroon Activists (SCACUF) comme « président par intérim de l’Ambazonia », à la Sonel il occupe des postes stratégiques. Après son recrutement, il est chargé de « concevoir les logiciels pour les systèmes de facturation et la gestion de la relation client (CRM), les ressources humaines, la gestion du rapprochement bancaire et la maintenance technique et l'évaluation. »

Un cadre qui totalise bientôt 30 ans de service au sein de la boîte souffle que « ce poste stratégique ne pouvait revenir qu’à un homme du DG ».

Quand Marcel Niat Njifenji cède la direction générale de la Sonel en juillet 2001 à Mark E. Miller, il laisse derrière lui «un homme fidèle » qui, un an plus tard, devient l'un des dirigeants de l’entreprise dans l’Adamaoua. Alors qu’il était en poste à l’agence commerciale locale, Ayuk Julius Tabe anime le 1er avril 2005 l’une des conférences du « Forum des entreprises de l’Ecole nationale des sciences agroindustrielles (ENSAI) » de l’université de Ngaoundéré tenu du 30 mars au 05 avril 2005. Lors de cette journée placée sous le thème «management et assurance qualité », modérée par Dr Tchathueng, Julius Ayuk Tabe est chargé d’exposer sur le sousthème «assurance qualité et coûts de la non-qualité ».

Mais la carrière de Sisiku Ayuk Julius Taba à la Sonel s’arrête en 2006 après un scandale financier. Il est accusé d’avoir détourné au moins 250 millions de FCFA. Est-ce que cette rupture avec la Sonel et son départ pour le Nigeria marquent la fin des relations privilégiées entre Marcel Niat Njifenji et l’adepte de la partition du Cameroun ?

Il est possible que ce dernier ait cessé d’être l’obligé du premier. Mais aujourd’hui il constitue une menace pour le pouvoir dont son bienfaiteur est le numéro deux constitutionnel.