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General News of Monday, 9 October 2017

Source: jetcamer.com

Brenda Biya, c'est ton père qui boit le sang des camerounais - Joël Engo

Dans sa tentative de "clarifier" la crise Anglophone, la dernière intervention de Mademoiselle Brenda Biya a ajouté sa propre diversion en écrivant que : " Bonjour tout le monde, le Cameroun est indivisible, pourquoi écouter ceux qui veulent la destruction de ce pays? Croyez-vous que le sang qu'ils veulent couler est celui des Occidentaux?

En effet, Mademoiselle Biya rejette la crise anglophone et le massacre des Camerounais anglophones ordinaires par l'armée de son père sur les "Occidentaux", qui auraient selon elle versé le sang des Camerounais pour faire diversion de la "politique économique nationaliste" de son Père, qui comprend notamment l'instauration d'une monnaie camerounaise pour remplacer le néo-colonial franc CFA.

Cet argument n'est pas étranger à la rhétorique complotiste déjà émise par M. Issa Tchiroma Bakary, ministre de la communication de son père et porte-parole de son gouvernement, qui a notamment déclaré que la crise anglophone est «conçue hors du Cameroun».

Mme Brenda Biya a « clarifié » et réduit la crise au franc CFA; non à l'activisme Anglophone en faveur des droits humains et en désobéissance civile au régime autocratique de son père. Selon mademoiselle Brenda Biya, être pour le franc CFA est donc une forme réinventée d'antinationalisme au Cameroun, punissable par la mort. Même dans le scénario improbable où nous serions d’accord avec mademoiselle Biya pour dire que cette crise porte sur le franc CFA, ce n'est pas et ce ne serait jamais une justification pour tuer des Camerounais ordinaires et pacifiques en toute impunité.

À ce sujet, Joël Didier Engo, le président du CL2P écrit en réponse à Mlle Biya

Mademoiselle, «Le diable qui boit le sang des camerounais» n’est autre que Paul Biya. Pas les occidentaux!

Malheureusement Mlle Biya, le sang des camerounais qui coule et qui n’a en réalité cessé de couler depuis 1982 n’est certes pas celui des occidentaux – qui n’ont pour ainsi dire rien à voir avec (cette fois-ci) – mais bel et bien le fait des décisions non assumées de votre père et des crimes exécutés par la soldatesque sous ses ordres.

«Le diable qui boit le sang des camerounais» n’est hélas autre que votre père, aussi difficile que cela soit concevable et compréhensible pour une jeune femme de votre microcosme.
Car c’est d’abord lui, Paul Biya, Président du Cameroun depuis 35 années, le responsable principal du massacre des populations civiles anglophones (et de bien d’autres avant), en sa qualité de Commandant suprême de l’armée du Cameroun.

La décence voudrait qu’il en répondre devant les juridictions internationales compétentes, même à 85 ans!

Monsieur Engo, qui, au-delà de ses activités pour la défense des droits humains, est également un juriste et économiste politique hautement qualifié, comprend en outre que, dans la pratique, la notion de «monnaie» implique la capacité de construire un consensus culturel comme moteur de la transformation sociale. Cette transformation sociale porte sur l'institutionnalisation d'une monnaie commune; un stock commun de confiance en tant qu'outils et pratiques de justification qui établissent des critères pour les normes et les valeurs épistémiques.

En tant que tel, le rôle que l'artisanat, les techniques, et l'industrie jouent dans la construction de ce stock commun de confiance en relation avec des objets matériels est non négligeable. Ainsi, c'est toute la redéfinition du langage, de la politique, et de la façon dont les flux d'objets matériels se confondent en une forme de monnaie qui structure la société et informe sur le progrès et la modernité. Aussi, pour qu'une forme de monnaie puisse être instituée, il est nécessaire d'établir des procédures pour renforcer la confiance dans les relations sociales. Par conséquent, la relation entre les objets matériels et l'utilisation est primordiale.

C'est là que même une monnaie camerounaise nationalisée ne fera rien pour aider les Camerounais ordinaires. Parce que la nouvelle monnaie sera aussitôt privatisée par le régime de Paul Biya pour contrôler la sphère politique, car ayant a pris la mauvaise habitude d'utiliser la « corruption» pour dégager du champ politique des personnes que le régime croit poser ou représenter une menace politique grave (pour sa survie).

Par conséquent, une monnaie à elle seule ne fait rien, c'est comment elle est utilisée. Le CL2P a déjà eu à souligner que certains régimes autocratiques tels que la Chine et Singapour ont réussi à développer un secteur privé prospère et des économies performantes ce que le régime de Biya ne fera jamais.