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General News of Wednesday, 19 December 2018

Source: cameroonvoice.com

Eau potable: des jours sombres à l’horizon avec CAMWATER

Un adage bien africain renseigne qu'«un poussin destiné à devenir un coq, on le reconnait dès ses premiers pas». Aussi, lorsqu'on voit les premiers pas de la Cameroon water corporation Utilities (Camwater) dans l'accomplissement des missions de la défunte Cde, on comprend tout de suite que la fin de la soif au Cameroun n'est pas pour demain.

Le contrat d'affermage qui liait la Camerounaise des eaux (Cde) à la Camwater a pris fin, le 30 avril 2018. En effet, par décret n° 2018/144 du 20 février 2018, le chef de l'Etat a modifié l'objet social de la Camwater, en lui assignant désormais, en plus de ses prérogatives de société de patrimoine, celles de gestion du service public de l'eau potable. Un service qui a été assuré sans succès pendant dix ans par la Camerounaise des eaux (Cde).

La tragédie des nouveaux clients

Le fait est que les prestations de Cde ont désillusionné les populations qui n'en finissaient pas de se plaindre. A titre d'illustration, durant le magistère de la Cde, les branchements étaient exécutés avec manque de professionnalisme et de conscience, ruinant tous les espoirs des clients qui ne savaient plus à quel saint se vouer. La Cde se caractérisait aussi par l'inconstance de ses stocks de matériels de branchement. Autant de choses qui font qu'au moment de sa cessation d'activité, elle laisse à la Camwater un passif de dix mille branchements déjà payés par les usagers, mais non effectués.

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Plus de neuf mois après avoir congédié son fermier (Cde), Camwater ne parvient pas à donner le moindre soupçon de satisfaction à sa clientèle. Les problèmes restent les mêmes, les mauvaises réponses n'ont pas changé. La Camwater ne semble avoir ni les ressources suffisantes, ni la volonté nécessaire pour éponger le passif de la Cde et effectuer ses propres branchements qu'elle enregistre, au quotidien, à un rythme soutenu.

A l'agence Camwater de Bassa (Ndokotti), pour ne citer que ce cas, lorsque vous avez payé les frais de branchements, et que vous demandez quand est-ce que le branchement sera effectué, on vous répond invariablement : «on va vous appeler». Et certains attendent déjà depuis près de huit mois, sans aucun espoir d'avoir de l'eau, sans aucun espoir d'être remboursés. Surtout que, lorsque quelques fois vous passez à Camwater pour leur rappeler que vous n'êtes pas toujours branchés, on vous répond qu'il n'y a pas de matériel. A chaque fois.

À ce rythme, les statistiques qui affirment qu'au Cameroun, à peine 40% de la population ont accès à l'eau potable, semblent trop optimistes.

La facturation abusive

L'essentiel des réclamations dans les guichets de Camwater concerne la facturation fantaisiste. Les clients se plaignent à longueur de semaines des factures exorbitantes qui n'ont rien à voir avec les consommations des concernés. Des montants des factures qui passent allègrement du simple au quadruple alors que la consommation n'a pas augmenté.

Ce d'autant plus que les coupures d'eau ont été plus fréquentes et plus longues dans la période facturée. Alors que les clients accusent les compteurs défectueux ou la fainéantise des agents releveurs qui ne font pas leur travail et inventent des indices fantaisistes, à Camwater on ne veut rien entendre ; vous payez où on vous suspend et avec des pénalités en prime.

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Depuis, le service réclamations des agences Camwater ne désemplit pas. Le top management de cette entreprise parapublique ne parvient pas à regagner la confiance de ses clients.

Le règne de la médiocrité

Malgré le changement régulier du top management de la Cameroon Water Corporation Utilities, l'entreprise du service public de l'eau au Cameroun continue de stagner dans les eaux fangeuses de la fainéantise.

De Basile Atangana Kouna (pensionnaire depuis quelques mois du bagne de Kondengui), à Alphonse Roger Ondoa Akoa, en passant par Jean Williams Sollo, ainsi que Gervais Bolenga, actuels maître des céans, les directeurs généraux se succèdent à la Camwater mais les problèmes de l'eau demeurent intacts au Cameroun. Comme si ces individus, à qui «la force de l'expérience» donne sa très haute confiance pour tenir les rênes de cette entreprise, ont pour principal point sur leur feuille de route, la perpétuationdu règne de la soif dans le triangle national.

Aussi, tous ceux qui ont célébré la mort de la Camerounaise des eaux (Cde) et le reversement de ses activités et de son personnel à Camwater, ont déjà les yeux trop rouges à force d'avoir déjà pleuré plus qu'à leur tour.

Moderniser et réconcilier les populations avec le service public de l'eau potable, serait-elle une mission impossible pour la haute hiérarchie de la Camwater?