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Opinions of Thursday, 1 February 2018

Columnist: cameroonweb.com/blogs.mediapart.fr

Mediapart révèle les dessous de la candidature de Serge Matomba contre Biya

Alors que les « grands » partis comme le SDF sont en plein préparatifs pour le prochain scrutin présidentiel prévu en octobre 2018, l’arrivée de nouvelles formations politiques continuent de susciter l’intérêt des médias nationaux et internationaux.

C’est le cas du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (PURS) dont le candidat Serge Matomba serait la principale bête noire de Paul Biya, selon une tribune publiée sur le bolg du journal français Mediapart.

Ci-dessous l’intégralité de la tribune publiée sur le candidat des PURS…

A quelques mois de l’élection présidentielle au Cameroun, un seul parti fait peur au RDPC au pouvoir depuis 36 ans. Il s’agit du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (PURS) dont une banale cérémonie d’installation a drainé deux mille personnes le 21 Janvier dernier.

Le meeting d’installation du bureau confédéral de l’extrême Nord de ce parti de l’opposition camerounaise a permis d’évaluer le contrepoids qu’exerce le PURS dans la sphère politique. Après le passage de ses dirigeants dans les régions du nord, c’est le branle-bas au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

Les populations jadis acquises à la cause du RDPC se tournent vers « l’Espoir », Serge Espoir Matomba, Premier Secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale et candidat à l’élection présidentielle de 2018.
Mais d’où vient ce retournement de situation ?

Le PURS, un parti actif sur le terrain

Dirigé par Serge Espoir Matomba, un gros dur de l’action de terrain, le Peuple Uni pour la Rénovation Sociale a vu le jour en Mai 2010 dans le Sud-Ouest du Cameroun. A l’origine de la naissance de ce parti, les écœurantes disparités sociales visibles entre les riches et les pauvres.

En effet, au Cameroun 40% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté fixé à 738fcfa /jour. Selon une étude de l’institut nationale de la statistique, 56,8% de chefs de ménage se considèrent pauvres ou très pauvres. Cette pauvreté touche davantage les populations rurales, en particulier celles des régions de l’Extrême-Nord, du Nord, du Nord-Ouest et de l’Adamaoua.

Dans les zones du grand Nord (Extrême-Nord, Nord et Adamaoua), les populations souffrent de plusieurs maux dus à la mauvaise gouvernance : insécurité, enclavement, manque d’eau potable, épidémie de choléra. La difficile irrigation des plantes entraine leur assèchement et l’absence de productivité d’où la famine qui terrasse les populations dans ces régions. D’ailleurs on y voit des enfants se nourrir dans les poubelles.

Cependant, la surface appelée Grand Nord, constitue le tiers de l’électorat camerounais. Dans cette partie du pays se trouve l’essentiel des électeurs et les partis politiques le savent. Cette masse critique du corps électoral est souvent taxée de « bétail électoral », une appellation péjorative, qui dépeint la force et la faiblesse d’une population manipulée, qui souffre sans mot dire, si ce n’est de suivre aveuglement les consignes des élites militantes du Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

Les partis présents dans le Grand Nord

Le réservoir électoral que représente le Grand Nord du Cameroun est très souvent courtisé par les partis dont les responsables sont natifs de l’Extrême Nord, du Nord ou de l’Adamaoua. Il s’agit entre autres de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), l’Alliance pour la Démocratie et le Développement du Cameroun (ADD), l’Alliance Nationale Pour la Démocratie et le Progrès (ANDP), le Mouvement Démocratique pour la Défense de la République (MDR), à ces partis s’ajoute le RDPC.

Or la population dit avoir été dupée par ses fils, une élite qui pratique une politique nombriliste afin de résoudre ses propres problèmes au détriment de ceux du peuple. Pour preuve, les dirigeants de l’UNDP, l’ADD, l’ANDP, du MDR occupent des postes importants au sein du gouvernement camerounais.

Regard tourné vers l’horizon

La révolution du Grand Nord est amorcée. Les jeunes de ces régions disent être à bout de souffle. La pauvreté, la sous scolarisation et la famine doivent être stoppées, ils pensent qu’il est temps pour eux de prendre leur destin en main, une phrase tirée du slogan du PURS « Prends ton destin en main ».

Le Peuple Uni pour la Rénovation Sociale est un parti social-démocrate qui lutte pour la prospérité de la classe moyenne. Les jeunes du Grand Nord comme on le constate, se sont identifiés à ce parti présenté comme celui de la jeunesse et de l’éducation. D’ailleurs Serge Espoir Matomba son dirigeant affiche un écart de 47 ans avec Paul Biya l’actuel Président du Cameroun âgé de 85 ans.

Serge Espoir a déclaré dans une interview de 2014 avoir fait le tour du Cameroun à plusieurs reprises afin de toucher du doigt les réalités des dix régions de son pays. Depuis lors, il ne se lasse pas de rencontrer les populations et plus encore, les militants et sympathisants de son parti. C’est ainsi qu’il a débuté une tournée nationale par la zone au corps électoral le plus imposant, dont un meeting d’installation à Maroua dans l’Extrême Nord avec deux mille militants.

Cette forte mobilisation donne la migraine au chef de l’Etat camerounais, d’où la réunion de crise organisée dans les instances suprêmes du parti au pouvoir, dans le but de comprendre comment le PURS réussit à drainer des foules et faire adhérer les populations.

Paul Biya est annoncé très prochainement à Maroua dans le but de réparer cet affront. Le weekend prochain (début février 2018), Jean NKuété, le Secrétaire général du Comité Central du RDPC programme des réunions à Maroua. Par ailleurs, les partis dits de la majorité présidentielle et les élites du grand nord s’activent tant bien que mal à reprendre la main.