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General News of Wednesday, 30 January 2019

Source: Habeas Corpus N°118

Ouest: les élus Rdpc et Sdf sommés de rejoindre le MRC

Il leur est fermement demandé de quitter leur parti respectif pour rejoindre le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun au risque de connaître de sérieuses représailles.

C’est le désarroi depuis quelques temps chez les élus Rdpc et Sdf originaires de l’Ouest du pays. Selon notre source, ces représentants du peuple auraient été approchés au cours des réunions secrètes tenues par les élites de cette région en prélude aux prochaines échéances électorales futures où il leur a été ordonné de quitter leur parti respectif pour retrouver les rangs du MRC. Malheureusement, cet appel au ralliement doublé de menaces adressées à ces élus n’a pas reçu l’assentiment de tous. Il a même suscité de l’indignation voire même de la révolte parmi quelques-uns d’entre eux. Car, estiment-ils, selon la même source, non seulement, il va à l’encontre de l’unité du pays mais aussi des principes de la République surtout de leur liberté individuelle en tant que citoyen.

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En effet, la stratégie issue de ces conciliabules consiste à dégarnir ces partis adverses de leurs principaux leaders et financiers issus des grassfields pour grossir les rangs du MRC, qui serait depuis lors, avec Maurice Kamto à sa tête, considéré par les ordonnateurs de ces instructions comme le parti de la tribu. Une démarche pernicieuse qui permettra à ce parti, misant mathématiquement sur le nombre des ressortissants de la Région de l’Ouest qui inondent les grandes villes, de glaner davantage le nombre de sièges à l’Assemblée, ainsi que celui de conseillers municipaux pour les élections locales avenirs. Cette recette avait déjà été expérimentée avec succès par le passé lors des dernières législatives pendant lesquelles on a vu Souop Lazare, l’ancien maire SDF Douala III devenir député MRC après avoir rejoint ce parti. Toujours dans cette logique de ralliement, Célestin Djamen, un autre cadre et élu du SDF a rejoint les rangs du MRC en pleine campagne électorale pendant les présidentielles. Sans compter de nombreux simples moments anonymes originaires de l’Ouest issus d’autres partis qui ont rallié ce mouvement et dont le vote, suite au respect des consignes données dans les différentes tontines, a beaucoup pesé en faveur du Mrc de Maurice Kamto.

Un succès lors des dernières échéances locales et des présidentielles récentes au regard des résultats qui ont fait du MRC la deuxième force de l’opposition au Cameroun. Par ailleurs, une menace prise au sérieux par les états major des partis concernés. Ce qui n’est de nature à anéantir la détermination les stratèges du Mrc qui veulent remettre ça pour les municipaux et législatifs avenirs. Cette fois ci avec quelques difficultés sur le terrain. Car, si on peut reconnaître que plusieurs ralliements obtenus par le passé ont été presque volontaires, même si on peut s’interroger sur leur nature et les manœuvres qui les sous-tendent, par contre, ceux sollicités ces derniers moments sont assujettis de menaces. Ce qui n’est pas du goût des élus approchés. En plus, leur coloration ethnique risque de faire apparaître le MRC aux yeux d’autres camerounais comme un parti tribal et susciter à son endroit une méfiance des autres composantes sociologiques du pays.

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Par ailleurs, les menaces proférées aux résistants à ces injonctions par certaines élites de l’Ouest et intégristes de ce parti posent en même temps un problème de liberté dans un pays démocratique où chacun devrait être libre de ses choix politiques. Est-ce là une autre forme de dictature ou d’ethno fascisme en gestation dans notre pays ? Sommes-nous tentés de nous interroger sur la nature de ce parti politique qui se veut national mais dont le mode de recrutement est basé sur la tribu avec des menaces proférées à l’endroit de leurs membres révoltés, pas près à s’aligner aux injonctions du clan.