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General News of Tuesday, 18 December 2018

Source: camerounweb.com

Paul Biya enterre définitivement Ahmadou Ahidjo

Un bac à ordures d’Hysacam est posé devant la résidence d’Ahmadou Ahidjo, au quartier Sabongari à Ngaoundéré. Un décor qui n’aurait jamais été possible, du temps où le premier président du Cameroun était en fonction.

«On ne fréquentait pas la résidence du président Ahidjo, on ne l’approchait pas parce que toute la zone était interdite d’accès. Il n’y avait pas l’actuel lycée de Sabongari. Les voies d’accès étaient couvertes d’un bon bitume. Je me rappelle qu’une fois, un gendarme m’a stoppé devant ce domicile, je n’avais pas ma carte d’identité. Je suis parti chercher ma carte et c’est en ce moment qu’on a libéré ma moto», se rappelle un autochtone de Ngaoundéré.

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«Le palais présidentiel qui ne paie plus de mine à Sabongari était huppé en son temps. Le goudron pour y arriver était tout noir, vous ne pouviez y voir même une buchette d’allumette ; la route était propre. D’ailleurs, la zone était interdite. Si vous passiez, on vous arrêtait. Je me rappelle qu’une fois, on a arrêté une mobylette volée à Maroua. En effet, le voleur était bien venu à Ngaoundéré et voulait traverser la zone interdite de la résidence présidentielle à Sabongari. On l’a pourchassé et il a abandonné la mobylette. On a donc découvert sur cette mobylette les assurances et le nom du propriétaire qui habitait Maroua», confie l’adjudant-chef à la retraite Philippe Danga. Et de préciser : «Avant, quand l’épouse d’Ahidjo arrivait à Ngaoundéré, c’est dans cette résidence qu’elle restait».

Depuis la résidence privée d’Ahmadou Ahidjo à Sabongari n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sur ses murs en pierres, des fissures peuvent être observées à partir de l’extérieur. Elle n’a plus rien à voir avec la bâtisse haut standing de l’époque. «Comme on dit chez les Foulbés, un grand ne pleure pas en faisant couler les larmes, mais il pleure intérieurement. Donc, les autochtones, voire les populations de Ngaoundéré pleurent en voyant le sort réservé à toutes ces résidences», se désole Moustapha Mohamadou.

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Mais le plaidoyer demeure celui de l’entretien de tout l’immobilier présidentiel à Ngaoundéré. «Les résidences du quartier administratif ont été construites par Ahidjo pour l’Etat. C’est celle de Sabongari qui est sa résidence privée. Donc, on peut même encore faire fi de la dernière, mais pas de celles qui appartiennent à l’Etat», fait observer un patriarche de Ngaoundéré.