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General News of Tuesday, 5 February 2019

Source: Mutations No 4788

Sérail: Jean de Dieu Momo s’offre en sacrifice

Le ministre délégué auprès du Minjustice a tenu des propos jugés antisémites et choqué une partie de sa communauté par certaines de ses déclarations.
C’est une émission ordinaire sur l’actualité sociopolitique nationale qui vire à la brouille diplomatique entre le Cameroun et Israël.

Invité du programme « Actualité hebdo » diffusé tous les dimanches en début de soirée sur les antennes de la Crtv télé, le ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Jean De Dieu Momo, a, en tentant de faire un parallèle entre le débat qui a cours au sujet de prétendues visées hégémonistes des Bamiléké et l’origine de l’extermination de 6 millions de Juifs entre 1933 et 1945 par les Nazis, affirmé maladroitement : « l’histoire bégaie. On raconte qu’en Allemagne, il y avait un peuple qui était très riche et qui tenait tous les leviers de l’économie. C’était les Juifs. On raconte qu’ils étaient d’une arrogance telle que le peuple allemand se sentait un peu frustré. Puis, un jour est venu au pouvoir un certain Hitler qui a mis ces populations-là dans des chambres à gaz ».

Dans un communiqué officiel hier, lundi, l’ambassade d’Israël au Cameroun s’est dite choquée par ces « propos antisémites ». « Faisant le rapprochement entre un parti politique de l’opposition actuelle d’avec « un certain Hitler », ce membre du gouvernement a justifié l’holocauste perpétré par l’Allemagne nazie », s’indigne la représentation diplomatique.

Qui poursuit en indiquant que, «ces propos antisémites qui interviennent juste une semaine après que le monde et le Cameroun ont participé à la commémoration de la journée internationale de souvenir de l’holocauste, constituent une grande déception au regard des relations bilatérales amicales qui existent entre le Cameroun et Israël qui ne ménage aucun effort pour soutenir le peuple camerounais dans tous les domaines. L’ambassade d’Israël au Cameroun se dit outrée par cette sortie qui décrit avec légèreté une histoire aussi triste et tragique de l’humanité, qui fait entorse à l’image des relations entre nos deux peuples». L’Etat hébreux «condamne fermement ces propos et espère des excuses immédiates» du gouvernement camerounais.

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Voisin

Autres propos prononcés au cours de la même émission et qui font polémique sur les réseaux sociaux, c’est ceux à l’encontre de Maurice Kamto et sa communauté d’origine.

«Le langage que M. Kamto tient est un langage génocidaire. Et moi je dis à mes frères Bamiléké, vous êtes en train de creuser votre propre tombe ; ils ne veulent pas croire, ils pensent que je les insulte. Je vous sauve au contraire. Profitons de notre dynamisme pour nous intégrer dans le mandat des «grandes opportunités» qui aura beaucoup d’argent, qui aura beaucoup d’opportunités d’enrichissement pour nourrir nos enfants, au lieu de lutter contre ce pouvoir-là et vous mettre tout le monde à dos», a déclaré le membre du gouvernement. Poursuivant dans le même esprit, Jean De Dieu Momo assure avoir conseillé à «ses frères» d’être «moins gourmands. Les autres pensent que nous sommes trop gourmands, nous sommes débrouillards et les autres ne le sont pas. Est-ce que vous pensez aux gens de l’Est, du Sud ? Est-ce que vous avez vu leurs maisons ? Est-ce que vous avez vu les routes qui vont chez eux ? Il ne faut pas seulement penser à nous !».

Hier soir, le premier vice-président du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, a indiqué que ces propos contre les peuples juif et Bamiléké étaient «inacceptables, insupportables et inexcusables». Pour l’ex-candidat à la présidentielle, Jean De Dieu Momo a «particulièrement développé une idée de haine obsessionnelle au point de dévoiler sans le vouloir l’épuration ethnique à bas bruit qui se prépare de part et d’autre et contre tous». Cette nouvelle sortie choque autant que ses déclarations pour le moins excessives sur les antennes d’une télévision privée émettant à Yaoundé, le 12 octobre 2018.

Reprenant à son compte la sentence du colonel français Jean Lamberton au sujet du Bamiléké, «caillou bien gênant» dans la chaussure du Cameroun, le président des Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec) s’était interrogé : «D’où vient-il qu’au moment où nous sommes en train de cimenter l’indépendance du Cameroun sur les traces de Um Nyobe, de nos pères fondateurs, c’est-à-dire, avoir un pays qui n’est pas inféodé à l’étranger, la levée de boucliers vienne des Bamiléké caillou dans la chaussure d’un pays qui veut aller à l’émergence ? Est-ce qu’ils sont en train de jouer contre le Cameroun ou alors ils sont en train de jouer contre eux-mêmes ? Ils sont en train de jouer contre le Cameroun en pensant nuire à Paul Biya (…) Les Bamiléké sont ceux qui sont assis au pied d’un arbre fruitier, mais qui ne lèvent pas la tête au-dessus d’eux pour voir les fruits. Ils veulent voire les fruits chez le voisin. Ils ne voient pas que chez eux c’est bien, c’est presqu’un paradis», avait-il assené.