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Business News of Wednesday, 4 September 2019

Source: investiraucameroun.com

Affaire Port de Douala: Bolloré révèle l'existence d'un pact secret avec Biya

La bataille pour la désignation d’un nouveau concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala, dans la capitale économique du Cameroun, vient de révéler un autre pan de son histoire. S’exprimant le 3 septembre 2019 au cours d’une conférence de presse à Douala, le directeur du groupe Bolloré pour la région golfe de Guinée (Cameroun, Tchad, RCA et Guinée équatoriale), Mohamed Diop (photo), a révélé l’existence d’un protocole d’accord prorogeant de 4 ans (jusqu’en 2023) la concession attribuée en 2005 (pour une période de 15 ans) au consortium Bolloré-APM Terminals, qui contrôle la société Douala International Terminal (DIT).

À en croire ce responsable du groupe français de logistique, la convention a été signée à la fin de l’année 2017, au terme de six mois d’âpres négociations au sein d’un comité ad hoc présidé par l’actuel directeur général du Port autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o.

Ce protocole d’accord est articulé autour de cinq points. Il prévoit, révèle le groupe Bolloré, le versement à la partie camerounaise d’une « contribution exceptionnelle » d’un montant de 24 milliards de FCFA ; l’augmentation des actifs des nationaux dans le capital de DIT, pour les faire passer de 10 à 30 % ; le doublement par DIT de la redevance à verser au Cameroun pour la concession du terminal à conteneurs du port de Douala ; puis la réalisation des investissements supplémentaires à hauteur de 20 milliards de FCFA.

Coups de tonnerre

En retour, a indiqué Mohamed Diop face à la presse le 3 septembre 2019, la partie camerounaise s’est engagée à proroger la concession de DIT sur le terminal à conteneurs pour 4 ans, afin de permettre au concessionnaire d’amortir ses investissements. Cependant, explique le directeur du groupe Bolloré pour la région Golfe de Guinée, alors que l’attente est à l’implémentation de ce protocole d’accord, survient un premier coup de tonnerre.

En janvier 2018, le PAD lance un appel à manifestation d’intérêt pour recruter un nouveau concessionnaire. Après une démarche vaine en direction de l’entreprise publique chargée de la gestion de la plateforme portuaire de Douala, afin d’en savoir plus sur les raisons de cette volte-face de la partie camerounaise, le consortium Bolloré-APM Terminals postulera à l’appel à manifestation d’intérêt. Le dossier sera déposé « le 5 mars 2018 », précise Mohamed Diop.

Le 2e coup de tonnerre dans le ciel désormais brumeux des rapports entre le PAD et Bolloré-APM Terminals survient en janvier 2019 : Bolloré-APM Terminals est exclu de la liste des cinq candidats présélectionnés pour la concession du terminal à conteneurs du port de Douala. « Nous avons été écartés à l’étape des préqualifications. C’est comme si on refusait à l’équipe nationale du Cameroun, championne d’Afrique des Nations de football en titre (avant la dernière CAN, NDLR), de jouer les éliminatoires pour la prochaine édition de la CAN(…) », éructe Mohamed Diop.

Procédures judiciaires

Après cet épisode, les actionnaires de DIT ont saisi le tribunal administratif de Douala. Le 16 août 2019, cette juridiction a pris une ordonnance suspendant le processus de désignation d’un nouveau concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala. Le 21 août 2019, le PAD a formé un pourvoi auprès de la même juridiction. Ce pourvoi, selon les responsables du PAD, suspend la décision de suspension du processus, et permet donc de le poursuivre.

« Notre position, c’est que le processus reste suspendu (…) Nous allons nous battre par toutes les voies légales. Nous sommes déterminés à nous battre parce que c’est une question d’image (…) Nous demandons simplement à être traités conformément au règlement qui encadre cette compétition, à être remis dans la compétition pour concourir avec les autres candidats à armes égales », confie le directeur du groupe Bolloré pour la région Golfe de Guinée.

Ce dernier annonce par ailleurs la poursuite des procédures en arbitrage engagées dans le cadre de la même affaire auprès de la Cour d’arbitrage international à Paris, mais n’exclut pas l’hypothèse d’un retour sur la table des négociations. « Si nous sommes conviés à une négociation, nous irons comme nous l’avons toujours fait », annonce-t-il.