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Business News of Thursday, 12 April 2018

Source: Barometre

Startups, les oubliés des financements bancaires

Alors que la tête des jeunes promoteurs de start-up foisonne d’idées, beaucoup d’obstacles ralentissent encore le développement de leurs activités. Parmi les freins, la qualité et le coût de la connexion internet dans le pays et le manque de financement. Mais pourquoi les banques classiques n’accordent pas les crédits aux startups ? Pour Valentin Tchakounte, directeur général de Nambi Capital, «les start-up constituent beaucoup de risques, surtout les start-up numériques. Prenez l’exemple de Jumia qui, malgré le fait d’avoir eu les financements a mis des années avant de grandir.» Il conseille les jeunes entrepreneurs de «bien réfléchir sur votre business modèle, pour séduire la banque.» Il s’exprimait ainsi au cours d’une conférence-débat organisée par le Gicam (Groupement inter-patronal du Cameroun) sous le thème : «Financement des PME : clés pour l’accès aux crédits bancaires», dans le cadre de la Foire internationale des Affaires et du Commerce de Douala (FIAC) qui s’est achevée le 8 avril 2018 à Douala.

Côté banques, l’on justifie cette réalité par le manque de professionnalisme des jeunes porteurs de projet. «On est extrêmement prudent vis-à-vis des start-up parce que les promoteurs eux-mêmes ne croient pas en leurs projets. Ils mettent sur pied une start-up qu’ils ferment six mois après», dit Koulamdze Silasse, le Responsable marché des professionnels de la Société générale Cameroun (SGC). Son collègue Arthur Bright, directeur commercial particulier et professionnel à la SGC, ne dit pas le contraire. «Nous faisons incuber les start-up, deux par an, parmi les nombreuses idées que nous recevons. Aussi, les banques ont des mécanismes pour éviter les garanties classiques exigées aux entrepreneurs. Il faut juste que les entrepreneurs se renseignent sur les différents mécanismes.»

Autre réalité, «le taux de crédit n’est pas du tout incitatif au Cameroun. Les start-up aujourd’hui sont les entreprises de demain. On devrait les écouter, sinon nous tuons les PME de demain, en ne finançant que les entreprises rentables», tempête le directeur de la Société d’Experts comptables conseils, Albert Cheucheu.

Pour pallier ces insuffisances, les observateurs pensent qu’il faut oser le risque. «Beaucoup de banques dans le monde investissent dans le secteur de la recherche et de l’innovation. Bill Gates, n’a pas dû demander 30 millions à Mark Zuckerberg pour soutenir le projet Facebook, devenu aujourd’hui le plus populaire et le plus rentable réseau social dans le monde. Le secteur du numérique, notamment du digital est un levier de croissance dans plusieurs pays comme l’Inde, les États-Unis, le Nigeria et donc, la même démarche peut être envisageable dans notre pays», défend le journaliste et consultant en communication, Serge Seppoh. Selon lui, il est primordial de «soutenir nos PME pour qu’elles deviennent compétitives, face aux entreprises étrangères plus outillées qui sont présentes sur le marché camerounais.»