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Opinions of Sunday, 21 July 2019

Columnist: Modestine Carole Tchatchouang Yonzou

Lettre ouverte aux Bamoun qui insultent les Bamileké

Il devient courant de lire ici et là des insultes et des invectives de certains Bamoun contre les bamileké qu’ils estiment ne rien avoir en commun.

Mes chers frères du Noun, permettez moi de vous rappeler l’histoire de notre peuple.

Le peuple des Grassfields, unique avec une seule langue et un seul chef, se disloqua vers 1357 à la mort de leur dernier souverain unique, le Roi Ndéh. Yendé premier Prince, refusa le trône et traversa le Noun pour fonder Bafoussam. Sa sœur la Princesse Ngouonso (ou Kako), se tourna vers la région de Banso (il existe 123 groupements bamiléké dans le Nord-Ouest anglophone et 5 au Sud-Ouest - Lebialem). Deux décennies plus tard, Ncharé le cadet, descendit dans la plaine du Noun pour fonder le pays Bamoun.

Vous comprenez donc que l’homme Bamoun est d’abord et avant tout un Bamileké. Alors, pourquoi cette inimitié? La réponse sans doute se trouve dans l’histoire.

Au milieu du XVe siècle au XXe siècle après la fondation du pays Bamoun par le plus jeune fils du dernier souverain des Bamileké, la descendance du roi des Bamoun va se soumettre à coup de fouet à la colonisation arabe en se convertissant à la religion islamique. Quelque temps après, il va essayer d’imposer sa nouvelle foi à son cousin et frère le roi des Bagangté. Une bataille sanglante va éclater entre les deux frères, car le souverain du pays des hommes nobles (NDE) refusa de se soumettre à une religion autre que celle de ses ancêtres.

L’homme Bamoun à ce jour semble ne pas avoir digéré cette bastonnade que lui avait infligé son propre frère. Certains ont même cultivé une haine contre le peuple Bamileké dont ils essayent tant bien que mal de s’en distinguer.

Mes chers frères Bamoun, la vérité c’est que à l’origine, les fondateurs souverains de votre royaume, dernier fils de notre patriarche commun, étaient déjà des hommes faibles d’esprit sans aucune personnalité. Ceci sans doute explique pourquoi vous êtes les seul fils de notre dernier souverain unique, le Roi Ndéh a vous être soumis à coup de fouet à la religion importé du pays des arabes pendant que vos frères se battaient pour préserver leur identité et leur dignité. La vulnérabilité et la faiblesse des souverains Bamoun s’expliqueraient t’il par le syndrome du dernier fils?

Quoi qu’il en soit, il est temps de rappeler le peuple bamoun à l’ordre. Arrêtez avec votre complexe que vous cultivez depuis des siècles contre vos frères parce qu’ils sont restés forts, déterminés et authentiques. Il serait peut-être temps pour vous de sortir de votre ambivalence cognitive et revenir à la maison, la porte est grande ouverte. Par contre, si vous voulez continuer dans l’hypocrisie et la duplicité, vous allez nous trouver sur votre chemin comme votre père hier face au nôtre.

L’homme Bamileké ne va pas finir par devenir l’essuie-pieds de tous les frustrés de ce pays tout de même. Il arrive un moment où on doit dire stop.

Mes frères Bamoun, nous vous invitons donc très humblement à vous ressaisir. Ceci est une mise en garde.