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Opinions of Tuesday, 7 November 2017

Columnist: cameroonweb.com/via page facebook Boris Bertolt

Après ‘Bonita’, d’autres victimes de harcèlement sexuelles se dévoilent

Alors que l’affaire de scandale sexuel impliquant le journaliste de Vision 4 Parfait Ayissi et la petite Bonita semble prendre une autre tournure, des témoignages d’autres victimes de harcèlements sexuels sont de plus en plus récurrents sur les réseaux sociaux.

Le texte ci-dessous est l’un de ses témoignages publié par le journaliste lanceur d’alerte Boris Bertolt sur sa page facebook.

Voici l’intégralité du témoignage :


En première année au département d’histoire de l’université de Yaoundé 1, j’avais une amie ( Jeanne D’Arc) ( nous sommes restés très proches malgré l’éloignement) très jolie et très policée. Mais nous avions également des chargés de TD. Parmi ces derniers, l’un tomba sous son charme. Elle était certes charmante, mais ne s’intéressait aucunement à ce dernier.

Il a commencé par lui faire des avances genre quand il se promène dans la salle faisant semblant de superviser l’ensemble des étudiants, il vient uniquement rester à côté d’elle. Lorsqu’il donne la parole aux étudiants pour poser des questions même quand elle ne lève pas le doigt il lui demande si elle n’a rien à dire. À la fin du TD, il insistait qu’elle l’attende.

Nous étions jeunes, en 1ère année. Moi j’avais 16 ans et elle 19 ans. Parfois, afin d’empêcher qu’elle puisse sous la contrainte le raccompagner au département d’histoire, je devais finir mon TD, sortir avant les autres, la retrouver précipitamment et nous rentrions ensembles et elle pouvait l’échapper ce soir-là. En Ngoa Ekelle il n’y avait pas beaucoup de salles de classes donc les TD c’était régulièrement en soirée.

Il l’a invité à plusieurs reprises, elle a décliné son invitation. Elle ne répondait pas du tout à ses sollicitations. Il n’a pas aimé. En retour, il avait promis qu’elle ne devait pas valider sa matière. Ce qui a effectivement été le cas. A cause d’une mauvaise note en TD elle a du reprendre cette UE l’année suivante bien qu’étant en deuxième année.

Il avait promis lui faire payer cela. Il s’était confié à des gens. Tous riaient mais ne pouvaient rien. Nous étions jeunes, avions peur de parler. Moi-même j’ai craint de payer ma proximité avec elle, mais une partie de moi me disait qu’étant délégué d’étudiants, membre de l’Association pour La Défense des droits des étudiants (ADDEC) , un peu indocile, il réfléchirait quand même.

En deuxième année, il lui donnait à nouveau TD. Là elle du aller au rattrapage. Chance pour elle comme Parfait Ayissi, il fut promu Chef de la division des œuvres universitaires dans une autre université et du abandonner sa proie. Elle passa au rattrapage et en 3 eme année elle était libre et valida brillamment l’ensemble des UE.

Aujourd’hui, Jeanne D’Arc est mariée à un magistrat. Et a eu une très belle carrière académique par la suite après avoir quitté Yaoundé après la licence pour une autre université mais pas celle de son harcelleur.

Un récit basé sur une histoire vécue.