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Opinions of Thursday, 3 August 2017

Columnist: Boris Bertolt

Atangana Kouna ou la résurection de Al Caponé au Cameroun

Vous connaissez certainement Al Capone. De de son vrai nom Alphonse Gabriel Capone ou Alfonso Capone en italien c'est l'un des plus grands bandits que les Etats-Unis aient connus. Vous croyez qu'il est décédé. Mais que non. Il est ressuscité au Cameroun en la personne de Basile Atangana Kouna. Ancien agent infiltré de la DGRE, aujourd'hui ministre de l'eau et de l'énergie. Son amitié avec « bébé doc » allias Edgard Alain Mebe Ngo'o est un secret de polichinelle, mais ce qui est inconnu c'est toute la mafia qu'il organise depuis bientôt 10 ans pour piller les caisses de la République. Cette fois ci, Basile Atangana Kouna a réussi à faire signer à l'Etat du Cameroun un emprunt de près de 800 millions de dollars soit 400 milliards FCFA auprès de EXIM BANK dans le cadre du projet d'alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga. L'histoire que vous aurez pendant plusieurs épisodes relève du pillage systématique et sans pudeur des caisses de l'Etat.

Ce projet d'approvisionnement de Yaoundé en eau devait commencer en septembre 2016, il débutera finalement en janvier 2017. Il s'étend sur 36 mois. Il est financé à 85% par Exim Bank China et 15% par l'Etat du Cameroun. C'est une filiale de la China Machinery equipement corporation (CMEC) qui est en charge de la réalisation du projet. Elle s'appelle SYNOMAC. Elle a pour principal partenaire l'entreprise française GDF Suez. Mais, ce sont les chinois et les français qui ont monté le projet et le budget.

En effet, au départ du projet, le gouvernement camerounais se tourne vers eux pour le projet, mais la France n'a pas les moyens de financer une telle opération. C'est alors que Al Capone et ses amis camerounais (nous y reviendrons) décident de prendre attache avec les chinois sous la supervision des français. Les chinois acceptent de financer l'opération, mais fixent leurs conditions. Le budget est monté officiellement par les chinois. Or, un autre projet de cet envergure, et légèrement plus important réalisé en Algérie a coûté 375 400 00 millions de dollars avec le matériel venu d'Europe et des Etats-Unis (nous y reviendrons). Or ce projet inférieur réalisé au Cameroun avec du matériel chinois coûte 798 millions de dollars soit près de trois fois plus cher qu'en Algérie. Et relève d'un prêt qui sera remboursé par les camerounais.

La mafia des rétro commissions va se mettre en place dès 2014. En complicité avec ses partenaires chinois, Basile Atangana Kouna fait payer le jour de la signature du contrat de construction par l'Etat du Cameroun et les chinois, plus de 50% des 15% que devait débourser le Cameroun. Soit la somme de 65 millions de dollars. Or en 2014, SYNOMAC n'a encore rien fait. Même pas l'appel à candidature de recrutement du personnel. Quelques mois après, l'Etat du Cameroun paye à nouveau sa côte part. Ainsi, le Cameroun a payé avant le début du chantier les 15 % qui lui revenait. Une hérésie car le gouvernement est dans une position où il ne peut plus résilier de manière unilatérale le contrat. En plus ce contrat rédigé par les chinois a été intégralement validé par Atangana Kouna. Soit disant cet argent devait servir de caution.

C'est en 2016, soit deux ans après avoir reçu 81 milliards FCFA alors qu'ils sont censés financer l'opération à 85% que les chinois s’installeront. .Pour l'instant seulement 2% du projet est réalisé.