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Opinions of Friday, 22 December 2017

Columnist: Boris Bertolt

Camair-Co: une mafia dans le recrutement des pilotes démantelée

En juin 2017, la compagnie Camair-co lance un recrutement de 05 pilotes professionnels suivant les conditions ci-après :
*être de nationalité Camerounaise
*détenir un commercial pilot licence (CPL) avec qualifications vol aux instruments et multi moteurs
*âge maximum 30 ans
*détenir un ATPL théorique CCAA (Cameroun) ou son équivalent.
*Détenir un certificat médical de classe 1
*250 heures de vol minimum.
*Anglais professionnel niveau 4 minimum.

Ces conditions semblaient être équitables de prime à bord, sauf que par la suite, il s’ avèrera que celles-ci avaient en filigrane le recrutement de trois individus qui dit-on ont été formés par une école privée locale dénommée abusivement CAE (Rien à voir avec le groupe CAE mondialement connu et qui n’a aucun centre de formation au Cameroun).

Donc au moment où ce communiqué de recrutement des pilotes est lu sur les ondes radio au Cameroun, nos trois mousquetaires étaient en train de passer leur CPL Pratique en Tunisie (sous la bannière de quelle autorité aéronautique ? Tunisie ? Cameroun ? Allez savoir ! Tiens ! Le Gouvernement devrait chercher à voir clair dans ce processus.

Toujours est-il que ces trois mousquetaires qui étaient depuis peu en Tunisie ont passé leur Commercial pilot Licence sous la supervision du Commandant BINYAM POLYCARPE (Chef du Département des opérations Aériennes de Camair-co) et qui est par ailleurs instructeur dans cette écurie dénommée (CAE) et examinateur consultant à l’Autorité Aéronautique du Cameroun CCAA). Le conflit d’intérêt est évident !

Revenons sur cette école dénommée abusivement (CAE) : celle-ci, créée en 2008, est constituée essentiellement d’anciens agents (pilotes, hôtesses, agents d’exploitation, etc...) de l’ancienne CAMAIR et qui luttent pour récupérer tous les marchés de formation à Camair-co, sous la bénédiction de Madame KOKI Marie Paule, Directrice Générale de l’Autorité Aéronautique du Cameroun CCAA et qui a été pendant longtemps Instructrice au Centre de Formation CAE du Commandant Barla EKWE. Quelle collusion !

Parmi ces anciens agents de Camair, figure un certain Commandant de bord BARLA JOSEPH EKWE, qui a eu la lumineuse idée d’ouvrir ce centre de formation avec son complice, un certain Monsieur Jean Yves KOTTO. D’ailleurs il suffit d’aller sur le site officiel de « CAE.COM » et de cliquer sur emplacements de formation pour se rendre compte de la supercherie !

A noter que, depuis la fermeture de Camair, le Commandant BARLA (par ailleurs examinateur et inspecteur consultant à l’autorité aéronautique du Cameroun CCAA) qui n’a pas voulu entrer à Camair-co, car son plan était bien établi, effectue des vols VIP sur le Grumman Présidentiel. Il y a été coopté par un certain colonel pilote en service à la Présidence de la République.
Et pour remercier ce colonel pilote de l’avoir coopté, il mettra le fils de ce colonel dans la liste des trois mousquetaires.

Le deuxième mousquetaire de cette liste de trois, n’est autre que le fils de l’actuel DG de Camair-co, ERNEST DIKOUM. Monsieur Propre, alias je n’irai pas en prison.

Le Commandant de Bord Binyam, alors Chef de département des Opérations aériennes, instructeur au Centre de formation CAE (rien à voir avec CAE international !) et Inspecteur examinateur à l’Autorité Aéronautique s’en ira donc en Tunisie au mois de Juin 2017 pour une semaine, à l’effet de faire passer à ces enfants (ses anciens élèves) leur examen de pilote professionnel. Dès lors, peut-on s’étonner que tous aient réussi ?

D’ailleurs Monsieur Binyam Polycarpe vient de prendre grassement sa retraite le 26 Octobre 2017 dernier et Monsieur Le Directeur Général de Camair-co Ernest Dikoum l’a remercié en lui offrant une fête digne des services rendus, et qu’un document anonyme remis récemment à son Excellence Monsieur le Ministre des transports chiffre à plus de 5 000 000 FCFA (pendant que la compagnie nationale connait des difficultés) ! Monsieur Propre est-il toujours propre ?

Comme un crime n’est jamais parfait, il fallait à tout ce beau monde, un homme de main, un cerveau, qui devait maquiller toute cette mafia.

Il était tout trouvé en la personne du Commandant Fochivé Alexandre (le fils de l’autre), l’homme de tous les dossiers pourris, Responsable de la formation réglementaire à Camair-co, et qui doit sa carrière de pilote à son protecteur, le Commandant Barla qui l’avait sorti de la misère à 3A (Air Affaires Afrique) à l’époque et qui l’avait introduit et épaulé à l’ancienne CAMAIR. Dès lors, comment peut-il lui refuser de prendre trois élèves de l’écurie de Barla son protecteur en guise de reconnaissance, surtout que pour relancer cette école qui n’a jamais produit un pilote en bonne et due forme, il fallait démontrer aux Camerounais qu’on peut former un pilote sur place au Cameroun pour mieux attirer d’autres proies dans l’écurie.

C’est lui qui se chargera de faire un simulacre de tests de recrutement à nos mousquetaires et validera leur entrée, au mépris des procédures en vigueur et des conditions figurant dans le manuel des opérations partie D formation de la compagnie, notamment la condition des 500 heures de vol minimum dont 300 h minimum sur Turbopropulseurs ou avion à Turbine, à avoir à l’entrée pour les pilotes juniors. Condition que nos trois mousquetaires ne remplissent pas, en plus de leurs Commercial pilot licence obtenues entre le Cameroun et la Tunisie, dans des conditions à auditer ! Ces derniers ne possèdent que 200 heures de vol sur avions à piston ! Et 0 (zéro) heures de vol sur Turbopropulseurs ou sur Turbojets. Dès lors, sur quels critères ont-ils été recrutés ? Encore un item à Auditer !

Nos sources sur place à Camair-co nous indiquent qu’au même moment où Dikoum et sa bande montent cette comédie, ils sont gênés par la présence d’un pilote, ancien de Camair, ayant effectué sa formation en France et qui est revenu prêter main forte au pays, pendant que de nombreux Camerounais préfèrent périr à l’étranger ou dans le désert Libyen. Ce pilote serait toujours à Douala en train de faire le pied de grue pour être recruté. Triste sort !

Ils feront tout pour le fatiguer et l’éloigner en prétextant qu’il a dépassé la trentaine ! Comme s’il faut avoir moins de trente ans pour piloter un avion !

Le cinquième candidat, un steward reconverti en pilote aux États-Unis, sera aussi mis de côté par la même clique, avec un motif aussi obscur que douteux. Ce dernier n’a pas demandé son reste et est reparti aux États-Unis.

Finalement, les trois mousquetaires pilotes ? Tunisiens ?seront recrutés en Juillet 2017 et devaient partir en chine en Août pour une qualification de type sur MA60, voyage qui a été repoussé en fin Novembre 2017 puis annulé à la dernière minute. Nos informateurs nous font savoir que ceux-ci iront désormais au Canada pour une qualification de type sur bombardier Q400. Entretemps, leurs salaires sont payés et ils se baladent fièrement avec les badges pilotes Camair-co, en même temps, plus d’une centaine d’employés sont menacés de licenciement pour faux diplômes (à vérifier) et les salaires d’autres revus drastiquement à la baisse ! Des procès sont en cours à ce sujet. 25 agents Camair-co viennent de porter l’affaire en justice contre les agissements du DG ERNEST DIKOUM !

Le DG de Camair-co, Ernest Dikoum, qui vient de récompenser son acolyte le commandant Fochivé Alexandre en le bombardant Chef des Opérations aériennes se trouve désormais englué dans le réseau du Commandant Barla, qui le tient par le dossier de son Fils.

Ils ont juré de faire entrer à Camair-co, tous les élèves issus de cette écurie CAE Douala qui formera désormais les pilotes Camerounais. Même le recrutement de 20 pilotes ab-initio lancé courant 2017 par Camair-co entre dans ce projet mafieux qu’il convient de stopper !

Ce constat nous amène à plusieurs questionnements : Le centre de formation CAE (à ne pas confondre avec le vrai CAE, groupe de renommée mondiale) peut-il valablement se prévaloir de la formation initiale d’un pilote ? Notre réponse est non ! En l’Etat actuel des choses.

Et voici pourquoi : d’abord il faut savoir que la formation d’un pilote obéit à un canevas bien précis. Cette formation est dispensée dans des écoles sous la supervision de l’Autorité de l’aviation civile, organisme d’Etat. Ce n’est donc pas l’école qui délivre les diplômes, mais l’Etat.

Or, pour ce qui est de la CCAA qui gère l’aviation civile au Cameroun, elle ne reconnait que les formations ATPL (Airline Transport pilot) dispensées en Europe (EASA) ou au Cameroun et non ailleurs. Même l’ATPL Américain est refusé !

La formation des pilotes coûte excessivement cher. Le Cameroun n’ayant aucun centre de formation pratique au vol (CAE Douala ne dispense que la formation théorique), il est donc évident que seules les formations pratiques dispensées en Europe devraient être reconnues. C’est la loi (code de l’aviation civile camerounaise).

A moins qu’on ne nous prouve que la Tunisie fasse partie de l’Union Européenne, nous disons que les diplômes délivrés à nos trois mousquetaires pilotes par la CCAA sont nuls et non avenus aux yeux de la loi Camerounaise ! Faudrait qu’on nous explique comment la CCAA a pu valider la formation pratique de ces trois pseudos pilotes ! C’est d’ailleurs toute la filière de formation pilote de CAE Douala qu’il conviendrait à l’occasion d’auditer, car le constat est que plusieurs étapes ont été brûlées dans ce processus.

Voici quelques pistes qui pourraient intéresser nos fins limiers des renseignements :
Les avions utilisés lors de l’examen pratique en Tunisie étaient-il immatriculés au Cameroun ? Que Non ! Or ceci est une exigence réglementaire internationale. C’est le pays d’immatriculation de l’avion ayant servi à l’examen pratique qui délivre la licence du pilote.

L’Autorité de l’aviation civile Tunisienne reconnait-elle l’ATPL Théorique Camerounais ? Quel accord national existe entre le Cameroun et la Tunisie en matière de formation des pilotes ? Car il ne s’agit pas seulement d’un accord entre deux groupes de gangsters de deux pays différents ! Il faut un accord d’Etats !

Au Gouvernement Camerounais de prendre ses responsabilités, car une bande de fieffés maquisards ont pris l’Aviation Civile en otage au Cameroun. Ils sont juges (CCAA), joueurs, spectateurs, ramasseurs de balle, etc….les mêmes noms reviennent dans tous les secteurs.

Comment un même groupe de personnes peut-il former des pilotes, les évaluer, leur délivrer des diplômes et les embaucher ? C’est toute l’aviation civile Camerounaise qui court le risque d’être mis au ban de la communauté internationale à causes d’individus qui ne se soucient que de leur ventre ! Hormis les problèmes de sécurité que cela pose car il s’agit tout de même du transport public de passagers !

Vivement que le Gouvernement démêle l’écheveau de cette affaire avant qu’il ne soit trop tard ! Le ciel s’assombrit à Camair-co.