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Opinions of Saturday, 24 March 2018

Columnist: Albin Njilo

Chine, France-Afrique: les sources du conflit entre Paul Biya et ses collaborateurs


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Le 21 octobre 2016 à 13 h 30 près de la gare d’Éséka sur la ligne de Douala à Yaoundé un train qui devait être constitué de neuf voitures a été doublé à 16, va s’en suivre une hécatombe, 79 morts selon le gouvernement et 551 blessés. Au banc des accusés, l’entreprise concessionnaire du chemin de fer Bolloré Logistics. Depuis plus de 15 ans, l’entreprise du groupe Bolloré a exploité les rails au mépris du cahier des charges. Ajouté au non-respect du cahier des charges l’accident, tous les camerounais attendaient la résiliation du contrat, surtout après la commission d’enquête initiée par le président Biya regroupant les membres du conseil de sécurité national. Contre toutes attentes, les positions du groupe français seront renforcées dans l’entreprise Camrail.

Alors que le président Biya avait fait le choix stratégique de la Chine, ses ministres s’arrangent pour ramener le pays dans la France-Afrique.

Huit mois après la catastrophe d’Eseka, le consortium amené par Bolloré a signé le contrat de gestion du terminal à conteneur du port de Kribi. En effet, parmi les conditions posées par le gouvernement camerounais pour la gestion de ce terminal , le consortium devait financer l’extension du port notamment à travers la construction du second terminal, le Cameroun a finalement opté pour un prêt auprès d’Eximbank, 400 milliards pour le second terminal.

Bolloré pouvait donc s’installer au port de Kribi et Contrôler les deux infrastructures portuaires du pays.

Selon l’Agence France Press, le port de Douala est miné par la corruption et l’engorgement, le Tchad et la RCA se retournent progressivement vers les ports de Cotonou et du soudan.

CDC

Le 19 Janvier 2016 le président Biya a signé un décret faisant de la CDC, une entreprise publique désormais contrôlée à 100% par l’Etat camerounais. Où en sommes-nous avec les nouvelles directives du décret présidentiel du 19 Janvier ? Sans doute dans l’inertie pour permettre à Bolloré de régner sur l’Hévéa et l’huile de palme à travers Safacam et Socapalm.

Communication

Bolloré contrôle le ciel camerounais avec canal plus il est sur le point d’arracher le projet de TNT au chinois Startimes sollicité au départ par le MINCOM, au mépris des câblo- distributeurs camerounais. Tous cela est fait avec la complicité des membres du gouvernement qui utilisent les projets du président Biya pour renforcer leurs positions dans la course au pouvoir.

Le 08 Octobre 2015 le président Paul Biya créait Sonatrel, société nationale de transport d’électricité. Un an après sa création, soit le 7 décembre 2016 ,la Banque mondiale octroi un prêt de 202,3 milliards de FCFA qui porte sur le financement du Projet de remise à niveau du transport de l’électricité et de réforme du secteur, qui sera mis en œuvre par la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) .Alors que tous les camerounais attendent le début des activités, en Février 2018 , l’on apprend que le gouvernement camerounais a signé avec le groupe Bouygues en pleine crise financière ayant fui en catimini le Gabon, un contrat de 108 milliard de FCFA pour une ligne de transport entre Edéa et Douala ;

Sonara

Le Cameroun avait prévu d’achever la phase 1 des travaux d’extension et de modernisation de la Société nationale de raffinage (Sonara) en 2016, pour l’augmentation de la production ,alors que selon les experts le Cameroun devrait déjà avoir une seconde raffinerie, un contrat ayant été signé depuis 2015 avec la société russe Rusgazengineering Group, basée à Moscou .Qu’en est-il de tous ses projets ? Ce que l’on sait par contre c’est que le Cameroun a emprunté 44,6 milliards de FCFA cette année pour l’importation du pétrole raffiné, c’est des milliards qui sont dépensés chaque années pour importer le carburant.

En décembre 2017, face au durcissement des décaissements chinois, le MINEPAT annonce que le Cameroun va désormais se tourner vers les partenaires européens pour financer les infrastructures.

Que s’est -il passe entre la chine et le Cameroun ?

Camtel

Apres Orange, MTN et Nextell, le président Biya et les camerounais voulaient un opérateur camerounais dans la téléphonie mobile. Lorsque le 26 septembre 2014, le Cameroun octroie à la Cameroon telecommunications (CAMTEL) la 4ème licence de mobile du pays, un sentiment de fierté envahi les camerounais, ‘’enfin on aura notre compagnie nationale de téléphonie mobile.’’

Des milliards par dizaines seront investis pour ce projet, dans l’organigramme de Camtel Mobile on pouvait déjà se faire une idée du personnel nommé.

Coup de tonnerre, le 25 Aout 2017 alors que l’on attend Camtel Mobile,l’on nous présente Yoomee, une entreprise qui un an auparavant était une filiale de la société YooMee Africa AG, basée à Genève, en Suisse, c’est désormais elle qui allait utiliser les infrastructures de Camtel Mobile.

Ce deal obéissait à quelle vision ? On ne saura peut-être jamais ,ce que l’on sait par contre c’est que les milliards du contribuable injectés pour les infrastructures de Camtel profitaient aux particuliers, plus grave, on apprit que lors du conflit qui opposait l’operateur camerounais Camtel à Orange Cameroun , selon des sources crédibles ,des deals auraient existé entre les dirigeants de Camtel et l’opérateur français sur la location des infrastructures et dont pas un sou n’entrait dans les caisses de l’État. Aujourd’hui Camtel est bourrée de dettes chinoises que le Cameroun n’arrive pas à rembourser.

MA 60

C’est accompagné de la première dame que lors sa visite d’Etat, en juillet 2011 en Chine, le président Paul Biya est monté à bord d’un avion MA 60, il était au siège de l’entreprise chinoise AVIC. Trois avions ont été commandés pour le Cameroun. Entre temps, selon Xu Bo le vice-président d’AVIC International, le gouvernement chinois a offert gracieusement un avion au Cameroun à l’occasion de la célébration des quarante ans de la coopération bilatérale.

En plus des avions livrés, la Chine avait en projet de construire au Cameroun le centre technique de maintenance d’avions chinois pour l’Afrique.

Entre rétro-commissions, Traffic d’influence, surfacturation, il va se passer cinq ans pour que l’autorité aéronautique du Cameroun autorise le survol de cet avion, un avion pourtant certifié par les autorités aéronautiques de Russie et bien d’autres pays à Travers le monde.

Alors que les MA60 sont les plus rentables de la compagnie Camair-co, c’est au Cogo Brazza que la chine a finalement construit son centre de maintenance pour l’Afrique. La chine demande à être remboursée.

Projet Sanaga

Le président Paul Biya veut résoudre le problème de pénurie d’eau dans la capitale Yaoundé et ses environs, il lance le gigantesque projet dénommé ‘’Projet Sanaga’’ qui consiste à prendre de l’eau depuis le fleuve Sanaga, pour l’acheminer dans la capitale.

C’est SYNOMAC , une filiale de la China Machinery equipement corporation (CMEC) qui est en charge de la réalisation du projet qui selon les experts devrait couter autour de 100 Milliards de FCFA, piloté par le ministre Atangana Kouna, l’Etat du Cameroun va se retrouver en train de payer 400 milliards.

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