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Opinions of Saturday, 24 March 2018

Columnist: Boris Bertolt

Ce que pense Mebe Ngo’o de l’arrestation de Basile Atangana


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Que dois-je faire ? Surtout ne pas me suicider. C’est la plus intéressante des solutions, mais je sais qu’il me poursuivra de sa folie vengeresse, qu’il s’acharnera en dépit de tous les codes d’honneur sur ma femme et mes enfants. Oui, il me poursuivra. Je reste en vie, je ne me suiciderai pas, simplement parce que cela ne servirait à rien.

Si seulement j’avais la certitude que cela l’apaiserait, que les miens en réchapperaient, oui je partirai. J’en ai discuté avec mon ami Kouna, je l’ai découragé à partir, comme si franchir les frontières était la solution. J’ignorais qu’il était décidé comme lorsqu’il avait décidé d’en finir avec Marafa. Je connais cette folie meurtrière, je me souviens de ses appels...

Pourquoi tout cela ? Je suis perdu, reste seulement à espérer que la nature fasse un miracle, que le Bon Dieu que j’invoque tous les jours l’appelle à ses côtés. Qu’un cycle s’achève. Et même, avec toute cette haine que me vouent les camerounais que mes beaux costumes vexent au quotidien, que mes cortèges du temps de ma splendeur ont fini par courroucer, que les affaires de mon épouse et les succès de mes enfants dérangent, aurais-je même une chance de m’en sortir ? Moi certainement pas.

Les autres oui. Qu’on nous arrête pour rendre gorge, oui ! Qu’on nous torture moralement avant de nous liquider, non !

Aujourdhui, dans chaque regard, j’y décèle des interrogations. Je suis un homme tourmenté. J’ai occupé toutes ces responsabilités, mais j’ignore pourquoi je serai arrêté. Je le serai assurément, cela ne peut en être autrement, je connais le système et il en sera ainsi. Je serai là cerise sur le gâteau. Quand ? C’est la seule question que je me pose. Comment ?

Je sais qu’il y aura de la méthode pour que l’humiliation soit au rendez-vous, moi-même j’ai participé à certaines potions. Voilà pourquoi j’en avais parlé avec mon ami Kouna, hélas, ce que nous redoutions se produit aujourd’hui. Sous nos yeux.

Pourquoi serai-je arrêté ? Pas pour avoir servi comme DCC, pas pour avoir servi comme patron de la police, pas pour avoir dirigé et modernisé l’armée.

Officiellement, pas pour tout cela. Esso va trouver quelque chose, je peux lui faire confiance. Je paierai pour la rancune du chef, qui date de je ne sais quand. Cela ne peut pas seulement être lié aux fonds détournés; des positions que j’ai occupées, tout le système est basé sur le vol, l’argent... il faudrait prendre tout le monde. Qu’ai je fais au chef ? Je ne le saurai pas de sitôt.

Ayolo est mon pire ennemi, le contre-amiral Fouda ne me prend plus au téléphone, Ngoh Ngoh, l’ambitieux Ngoh Ngoh qui a mis au SED son poulain pour nous flinguer tous, s’impatiente de me voir derrière les barreaux..., les autres relais sont dans la peur.

Qui pour porter mon message au chef ? Pour lui dire quoi que je ne le lui ai pas encore dit ? J’ai écrit pour le rassurer, lui témoigner mon indéfectible loyauté, lui dire que j’étais prêt à mourir pour lui. Je lui ai même dit que le petit Claude Abate qui le défend sur les réseaux sociaux moyennant un peu d’argent de Belinga Eboutou a insulté à plusieurs reprises son épouse de « femme qui tire le president vers le bas » et lui ai même transmis des enregistrements audio réalisés à l’époque par la Semil.

Le voilà qui a lancé la lourde machine contre moi. Me voici dans la situation qui fut jadis celle de mes « amis » Marafa, Yves et qui sera demain, j’en suis persuadé, celle de Laurent Esso et de Ngoh Ngoh. Oui c’est par bloc, après le nôtre ce sera le leur. Leurs dossiers sont là où se trouvent le nôtre. A moins que Dieu rappelle assez vite à lui, ce chef que personne ne connaît finalement, je suis certain qu’eux aussi connaîtront cette anxiété qui a un goût si amer après la gloire.

N.B: nous sommes simplement dans la tête de Mebe Ngo’o

BORIS BERTOLT

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