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Opinions of Monday, 2 December 2019

Columnist: Etienne Bineli Tsala

Complexe sportif Paul Biya: les dessous d'un scandale d'Etat

Les Italiens donnent un ultimatum de 72 h au gouvernement pour les rétablir dans leur droit de continuer la construction du complexe sportif Paul Biya alors que depuis 4 ans, ils essaient de rouler la partie Camerounaise dans la farine. Pendant ce temps, les Canadiens de Magil s'apprêtent de rentrer dans l'arène. Le gouvernement tient en main toutes cautions de Gruppo Piccini SA. Vivement le contentieux qui viendra mettre à nu la supercherie italienne.
Je vous propose ci-dessous un développement de cette situation qui a régulièrement fait l'objet de ma plus grande attention dans le traitement de l'info sur notre page. Mon ami Cyrille Tollo avec forces détails nous explique la situation depuis sa genèse. Prenez le temps de lire, vous en sortirez fort édifiés.

L’Italie nous a parfois appris de belles histoires comme dans le film la « Vie est belle » de Roberto Binigni. Elle a aussi souvent inspiré des histoires dramatiques, mélangeant aventure et mafia, comme dans le film « Le Parrain », mis au cinéma en 1972 par le réalisateur américain Francis Ford Coppola avec Marlon Brando et Al Pacino. Si le Parrain est une fiction, celle que je vais raconter dans les lignes qui suivent est un mélodrame bien réel et qui se déroule au Cameroun avec comme acteur principal, l’entreprise Piccinni, en charge de la construction du stade du complexe sportif d’Olembé.

Dans le cadre de la Can organisée par le Cameroun, l’entreprise italienne Piccinni se propose de construire un complexe sportif à Olembé dans la banlieue de Yaoundé. Il comprend, un stade couvert de 60 000 places, un hôtel cinq étoiles de 70 chambres, un centre commercial, un gymnase, une piscine olympique, un musée, un cinéma et d’autres infrastructures pour le tennis, le basketball, le handball et le volleyball, le tout sur 35 hectares. Le coût total du projet étant de 163 milliards, financé par la banque publique italienne San Paolo. Pour commencer les travaux, le gouvernement camerounais a dû verser sa contribution, soit 15% du projet. En 2017, les travaux de construction de cet important projet ont commencé à un rythme apprécié par tous les observateurs, au point qu’en novembre 2018, quand lesdits travaux s’arrêtent brusquement, le stade a pris corps et il reste seulement les lots électroniques, l’habillage de la vielle dame et la pose de la pelouse.

Sous la pression de la CAF et au regard du retard pris par la construction des infrastructures en général, certaines pièces ont été préfabriquées en Italie. Piccinni présente donc avenant de 28 milliards au gouvernement, au titre des travaux supplémentaires, notamment la logistique. Il exige le paiement préalable de cette somme sans quoi, les travaux ne reprendront pas. Or, le contrat entre les deux parties, stipule que c’est à la fin des travaux qu’elles feront le point sur la situation budgétaire qui peut soit être en dépassement soit être en deçà du montant prévu. Cette proposition a été faite aux Turcs de Yenegun qui construisent le complexe de Japoma à Douala et ces derniers ont accepté. Sur ce fait, la même proposition est faite aux Italiens, mais ils sont catégoriques. Sans les 28 milliards, ils ne bougeront pas. Mais, le gouvernement ne peut procéder à un paiement supplémentaire à ce stade du projet d’autant qu’en octobre 2018, le chantier montre 79% de la consommation du budget pour 56% des travaux. En plus, l’alibi d’un surcoût de 28 milliards lié à la préfabrication des certains éléments du stade en Italie ne tient pas la route. Premièrement parce que dans le projet initial, les italiens avaient chèrement facturé l’installation d’une usine de préfabriqués au Cameroun. Or, Cela n’est pas effectif. Deuxièmement, il reste un solde de 40 milliards de budget de 163 milliards non consommé et que les Italiens refusent d’utiliser. Pour le gouvernement le paiement des 28 milliards d’avenant n’est donc rien d’autre qu’une tentative de détournement des deniers publics et le Président de la République suit personnellement le dossier.

Pendant un an que dure l’arrêt des travaux, le gouvernement cherche les voies et moyens de relancer le chantier avec son partenaire Italien. Ce dernier demande alors à l’Etat de se porter caution auprès de la BGFI pour une avance exceptionnelle de 4 milliards nécessaires à la relance des travaux. Une convention tripartite est alors signée entre l’Etat, Piccinni et la BGFI. Dès réception des 4 milliards, alors que le gouvernement s’attend à voir les travaux reprendre, le groupe Italien dit avoir d’autres priorités, l’argent a pris un autre chemin. Au contraire et à la surprise eu gouvernement, il demande une deuxième rallonge de 4,8 milliards, en même temps qu’il refuse d’utiliser le solde de 40 milliards disponible à la banque San Paolo. Dès lors, l’Etat prend conscience que Piccinni a un agenda caché et que le stade Paul Biya risque ne pas être prêt pour la CAN 2021. Deux mises en demeure lui sont signifiées conformément à la loi, avec constat d’huissier. Le Ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi donne alors jusqu’au 15 octobre aux Italiens pour relancer le chantier. Le 23 octobre, il constate une reprise timide et exige la multiplication des équipes. Mais lors de sa deuxième visite, quelle mauvaise surprise; les ouvriers se sont volatilisés. Informé de cet état de choses, le Président de la République prescrit alors la résiliation du contrat et l’attribution du marché au Canadien Magil, qui a déjà achevé le stade de la Réunification et qui s’active sur la Pénétrante Est de Douala, après les défaillances d’une entreprise chinoise. Informé de la situation d’Olembé, le gouvernement canadien décide de financer l’achèvement de l’ensemble du complexe avec une livraison du stade au milieu de l’année 2020, question de laisser à la CAF, le temps nécessaire pour effectuer les tests d’usage. Ces travaux ne souffriront d’aucun retard, Magil n’ayant demandé aucune avance pour commencer les travaux. Au contraire, il met à la disposition du projet 4 milliards en avance et en permanence pour éviter tout retard lié aux questions de trésorerie. Le gouvernent canadien a décidé d’être aux côtés du gouvernent camerounais pour achever les infrastructures prioritaires liées à la CAN 2020. En sus, Magil propose de construire un héliport et d’améliorer d’autres infrastructures du projet initial