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Opinions of Sunday, 10 November 2019

Columnist: Boris Bertolt

Critiques contre Maurice Kamto: 'il ne faut pas démocratiser la bamiphobie'

Dans une société, les médias n’ont pas seulement un rôle de contre pouvoirs. Les médias dans un premier temps peuvent également être des instruments de consolidation de l’hégémonie de la classe dominante. Dans un second temps les médias ont un rôle éducatif dans la société.

Comme de nombreux camerounais, j’ai pris connaissance du passage de Daniel Claude Abate du RDPC dans l’ARENE ce dimanche sur Canal 2 face à Sam Séverin Ango, nouvelle recrue du MRC. Sur le principe, ce passage ne pose pas de problèmes. Car la démocratie se nourrit de la contradiction des idées, de la diversité des débats et des oppositions politico idéologiques.

Cependant, le problème avec Claude Abate ce n’est pas son appartenance au RDPC, mais sa bamiphobie compulsive qu’il expose et dévoile au quotidien sur les réseaux sociaux. Pour ceux qui ne le savent pas, Claude Abate est sur les réseaux sociaux l’un des précurseurs de l’expression du tribalisme comme mode d’action politique à partir des réseaux sociaux. Des attaques qui depuis 2015 et ceux jusqu’à ce jour sont essentiellement guidée vers la communauté Bamileke. La vulgarisation des appellations “ têtes de taro ; têtes de porc “ sont de lui. Et pour ceux qui l’observent jusqu’à ce jour, il est resté cohérent dans sa démarche.

Les extrémismes ne peuvent survivre que parce que les médias entretiennent la propagande extrémiste. Entretenir la bamiphobie ne consiste pas seulement débattre sur l’ethnie, mais à donner une visibilité à ceux qui construisent politiquement et idéologiquement cette idéologie. Dès lors donner la parole à un individu qui a fait de la haine contre les Bamileke un fond de commerce politique c’est lui conférer une stature politique, mais également construire son acceptation dans l’opinion publique.

Or on sait très bien que Claude Abate travaille pour certains faucons du régime qui ont fait du problème du Cameroun un problème tribal. En ouvrant ses antennes à Claude Abate, Canal 2 contribue indirectement à renforcer symboliquement la bamiphobie orchestrée par une partie de l’élite au pouvoir. Car, elle octroie à l’un des architectes de la bamiphobie une certaine reconnaissance. Les médias construisent par ricochet une banalisation de la violence verbale.

Par ailleurs , une société se construit sur des valeurs et des modèles. Les acteurs mis en scène par les médias fabriquent les imaginaires de la haine, de l’amour, de la réussite ou de l’échec. En vulgarisant des acteurs qui véhiculent la bamiphobie les médias contribuent à construire un imaginaire de la haine et de l’échec.