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Opinions of Saturday, 15 December 2018

Columnist: Ndam Njoya Nzoméné

De la peine de mort à la liberté: Michel Biem Tong libéré mais déjà 'tué'


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Michel Mbiem Tong, cyber journaliste et défenseur des droits de l'homme arrêté le 23 octobre dernier est officiellement la première personne à avoir recouvré la liberté à la suite de la décision prise le 13 décembre par le chef de l'Etat de remettre en liberté 289 personnes impliquées dans les violences qui émaillent depuis 2016 la crise anglophone dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Poursuivi pour « apologie du terrorisme », « outrage au Chef de l'Etat », « apologie des cimes d'atteinte à la sûreté de l'Etat », « propagation de nouvelles mensongères susceptibles de nuire aux autorités publiques et à la cohésion nationale », Michel Mbiem Tong qui encourait la peine de mort, a vu le tribunal militaire de Yaoundé abandonner toutes ses charges injustifiées contre sa personne, et savourera le bon parfum de la liberté.

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On est tenté d'applaudir –et ce ne sera pas moins justice- le président Biya à l'origine de la restitution de cette liberté injustement –on ne le dira jamais assez- confisquée, ainsi que les autorités militaires qui, dans leur tri discrétionnaire (le terme adéquat c'est arbitraire) des personnes devant bénéficier de la mesure présidentielle, ont cru devoir l'y inclure, ainsi que Cameroonvoice le suggérait hier.

Mais ce serait insuffisant. Car il y a de fortes inquiétudes que le journaliste interpellé le 23 octobre à la suite d'un guet-apens que des sources disent lui avoir été tendu par le chef de la division de la Sécurité militaire, ne soit plus le même qui va recouvrer la liberté dans les heures à venir.

Peu avant qu'il soit placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui, notre confrère était annoncé dans un état de santé lamentable, plus proche de la mort que de la vie. Plus grave, il était interdit de toute fréquentation autorisée par la loi. Même étant au pénitencier, il n'en était pas tiré d'affaire, et avait d'ailleurs dû lancer un SOS pour que des âmes charitables lui viennent en aide financièrement.

Au regard du mauvais traitement qui lui a été infligé beaucoup s'étaient demandés si Michel n'avait pas été « traité » de sorte qu'il puisse mourir à petits feux dans son séjour carcéral.

A l'annonce de sa libération, la même question se pose : ce "dangereux terroriste" n'est-il pas libéré pour aller avaler "tranquillement" son acte de naissance chez lui, pour que personne ne soit fondé d'accuser les institutions et autorités de répression de la vérité ?

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A cette question qui procède de l'expérience typiquement camerounaise du comportement des « institutions républicaines » vis-à-vis des objecteurs de conscience, il n'y a pas de réponse, mais une suggestion : que le président de la République qui donne l'impression de camper une logique d'apaisement, se réfère à son serment de protéger aussi bien les opposants que les partisans, en instruisant des mesures de suivi de tous les Camerounais qu'il a bien voulu libérer, afin que ceux qui ont reçu pendant leur « exploitation » par les services spécialisés des traitements barbares ou vénéneux soient détoxifiés et remis en état de pouvoir contribuer, dans lapleine mesure de leurs capacités physique, mentale et intellectuelle, à l'œuvre de construction nationale.

En attendant, bon retour parmi les prisonniers libres de cette vaste prison de 475.442 kilomètres carrés qu'est le Cameroun, cher Michel.

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