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Opinions of Wednesday, 24 July 2019

Columnist: Boris Bertolt

Kamtogate: un ressortissant Français mis en détention à Kondengui

Depuis la fin de l'élection présidentielle du 07 octobre dernier, le landernau politique camerounais traverse une période tumultueuse à cause la revendication de la victoire par le président du MRC, Maurice Kamto qui s'est soldé par l'arrestation -à tort ou à raison- des centaines de Camerounais et voire étrangers.

C'est le cas du Camerounais naturalisé Allemand SIEWE Wilfried et de ce citoyen Français, Kenzo Limbeme qui fait l'objet de notre post.
Kenzo est Gérant de société et fils du Diplômate français Marc Murcia. Âgé de 26 ans, il vit en France dans le 16 ème arrondissement de Paris. Il a été enlevé à son domicile au quartier Essomba (Yaoundé) par les forces de l'ordre Camerounais depuis le 02 Mai 2019 lors de son passage au Cameroun. Il est soupçonné d'être militant du MRC et d'appartenir à la brigade Anti Sardinards.

En effet, il s'avère que le 26 janvier 2018, avait lieu une manifestation de la diaspora Camerounaise à l'ambassade du Cameroun en France, située à 5 minutes du domicile parisien du jeune Kenzo Limbeme au Trocadéro.
Alerté par une connaissance, ils se sont rendus pour voir ce qui se passe en faisant un Facebook live sur son compte Facebook avec le commentaire suivant : " c'est grave ici... ".

Le mois d'avril, il décide de se rendre au Cameroun pour ses affaires. Un ami à lui au nom de Willy NGUELE lui demande de lui garder quelques bouteilles de cognac contre remboursement une fois au pays. C'est ainsi qu'il va acheter ces boissons pour les lui garder. Sauf que Willy NGUELE va les récupérer en lui faisant savoir qu'il restituera son argent avant son retour à Paris.

Les jours passant, il sera surpris que Willy lui dise qu'il le soupçonne de ne plus apprécier sa compagnie tout en lui proférant des menaces selon lesquelles il va lui montrer qu'il est Beti et que le pays leur appartient -tout laisse à croire c'était une supercherie pour ne pas rembourser le du de Kenzo car il y a trois ans lorsque Willy étudiait encore en France il lui avait soutiré la somme de 8 000 € avec ses téléphones.

Le 02 mai 2019 Kenzo recevra des appels masqués sur ses numéros de Paris et du Cameroun d'un certain Patrick de Paris qui se faisait passer pour une connaissance et sollicitait une aide de lui.

Altruiste qu'il est Kenzo lui donnera rendez-vous à son domicile à Yaoundé au quartier Essomba. Arrivé à son domicile, le visage de Patrick ne lui sera pas familier. Il lui remettra tout de même la somme de 5 000 FCFA pour son taxi en l'invitant à quitter son domicile. Juste quelques minutes après le départ de Patrick, une quinzaine de gendarmes cagoulés et lourdement armés investisseront par effraction l'habitat de Kenzo. On pouvait entendre ces hommes en tenue dire: " Dégagez ! Bande d'anti-Sardinards".
À l'intérieur de la maison se trouvaient le gardien de Kenzo, ses amis et les membres de sa famille qui ont été aussitôt menottés. Kenzo quant à lui sera conduit dans la cour par deux gendarmes tandis que les autres fouillaient sa chambre et ont emporté des sacs avec des effets dont le contenu ne lui a pas été révélé et un bagage de 32 kg qui contenait des vêtements et chaussures qu'il a ramené de Paris. Il sera quelques minutes après amené au service central du SED où il passera 74 jours de garde à vue. Curieux, les personnes abandonnées dans son domicile suivront les pick-up qui le transportait Kenzo au Sed.

Eux aussi passeront 08 jours de détention au Sed. L'un d'eux aura l'intelligence d'appeler sa tante pour lui informer qu'il est en détention au Secrétariat d'Etat à la Défense. C'est ainsi qu'elle si rendra illico presto. Une fois au Sed l'on fera savoir à la tante de Kenzo qu'il ne s'y trouve pas. Ayant entendu sa voix, il lancera : " tantine je suis ici". Les gendarmes en garde vont la chasser et elle se rendra à l'ambassade de France pour signaler. L'ambassade à son tour va appeler au Sed et on leur fera savoir qu'il n'est pas dans leur service.

L'ambassade dépêchera le colonel français Alain Brossard, par ailleurs conseiller technique du Sed chargé de la gendarmerie pour qu'il aille s'enquérir de la situation. Au moment où le colonel est arrivé il a croisé Kenzo aux escaliers lorsqu'on allait l'auditionner.
C'est alors qu'il se rendra à l'évidence que Kenzo y est effectivement en détention le même 02 mai 2019 alors que le domicile de Kenzo est vidé des occupants qui sont en détention au Sed, ces gendarmes vont y refaire trois tours, selon le témoignage des voisins et emporté comme l'indique le constat d'huissier des sommes d'argent et objets importants notamment :

- 14 millions 40 mille francs Cfa soit 13 millions en francs cfa et 1 600 euros en coupure de 200 euros ;
- deux montres Rolex ;
- des bijoux, parfum, sous vêtements, chaussures etc.

Durant sa détention, le Sed va saisir le Ministère des relations extérieures afin qu'il vérifie si les passeports qui ont été emportés au domicile de Kenzo se trouvaient à l'ambassade le jour de la mise à sac de l'ambassade. Le Minrex répondra par la négative tout en affirmant sans aucune preuve et en promettant de faire des recherches plus poussées que Kenzo fait partie des gens qui ont vandalisé l'ambassade.

Le 16 juillet 2019 Kenzo sera écroué à la prison centrale de Yaoundé Kondengui après un passage éclair au tribunal militaire de Yaoundé où il est accusé d'insurrection, de destruction des biens, de dégradation des biens, d'apologie d'insurrection en coaction etc.

Or selon nos investigations il s'avère que toutes ces accusations sont fausses. Ce jeune homme vit dans le 16 ème arrondissement de Paris et l'ambassade du Cameroun à Paris qui se trouve à 5 minutes de son domicile. Lors des événements du 26 Janvier qui se sont déroulés à l'ambassade du Cameroun à Paris, il s'est rendu sur la rue d Auteuil autours de 19 heures, et fait une vidéo en direct sur sa Page Facebook vu que la France est un pays de liberté et des droits de l'homme.

Depuis lors on attend les preuves de sa culpabilité en vain. Comment peut-on arrêter des gens et les détenir pendant des mois avant de chercher les preuves qui les inscriminent ? Ce n'est qu'au Cameroun qu'on voit cela. N'oublions pas que c'est ce genre de détention abusive qui cause la surpopulation carcérale dans nos prisons qui est à l'origine des mutineries qu'on observe dans nos prisons ces jours.

Qu'est-ce qui explique le silence de la France pourtant au courant de cette affaire ? À chacun de juger fort opportunement.