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Opinions of Thursday, 29 November 2018

Columnist: Patrice Etoundi Mballa

L’opposition l’a réélu !

Selon le Conseil Constitutionnel, c’est le score qui a été obtenu par le candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), M. Biya Paul, qui, du coup, devient et redevient le Président élu et réélu de la République, à l’issue de l’élection présidentielle du 7 Octobre dernier. France 24 nous fait sourire, quand son envoyé spécial parle de « score stratosphérique »… Ou bien ce journaliste, qui ressemble pourtant à un Africain de bonne couleur, ne connaît pas bien l’Afrique, ou bien, il cherchait uniquement un adjectif peu commun pour habiller poétiquement les… petits 71% de Biya Paul.

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En matière de scores, surtout quand il s’agit d’une élection présidentielle, en Afrique, on a enregistré des pourcentages plus avantageux et mieux arrondis que cela. D’ailleurs, des scores qui frôlent les 1OO% ne sont pas une spécialité uniquement africaine. Il nous souvient que, pour barrer la voie qui conduit à la Présidence à M. Le Pen, qui venait de « scalper » un certain Premier Ministre du nom de Jospin, la douce France elle-même s’est mobilisée et a plébiscité M. Chirac, avec un score bien plus « stratosphérique » que les maigres… 71% de Biya Paul… Quoi qu’il en soit, « stratosphérique » ou non, à qui la faute, quand l’Opposition, - ou ce qui en tenait lieu chez nous, - s’est employée, par tous les moyens et par toutes les erreurs, à réserver au candidat du RDPC la meilleure part du lion qui soit ?

Nous ne péchons pas dans l’exagération, quand nous osons affirmer que c’est moins les militants et sympathisants du RDPC que l’Opposition et ses troupes qui ont réélu, pour la septième fois consécutive, le « Lion Indomptable » du RDPC. En effet, quel que soit le pays, quel que ce soit le mode d’élection adopté, aucune Opposition aussi tatillonne, aussi pleine d’amateurisme, aussi peu solidaire, ne peut gagner quelque élection d’une telle importance, face à un candidat qui est « né dans le sérail et qui en connaissait tous les détours ».

Certains candidats de l’Opposition, sortant de nulle part, semblent être entrés en politique le jour où la campagne électorale avait commencé, ne laissant derrière eux, ni parti politique connu, ni mairie conquise ; d’autres, tout aussi néophytes, n’avaient encore jamais bravé les petits trucs d’une élection, pour devenir un simple assesseur d’un chef de village. Le portail de la diaspora camerounaise de Belgique. A cela, il faudrait ajouter qu’Ils n’étaient pas représentés dans de nombreux bureaux de vote… Les candidats de cette nature se trompent beaucoup quand ils invoquent Obama ou Macron , sur qui ils prétendent prendre modèle.

Hormis un âge jeune, il n’y a rien de commun entre ces deux personnalités et quelques-uns des candidats que comptait notre Opposition. En effet, Barack Obama était un Sénateur très écouté dans son Illinois, avant d’être l’unique candidat du Parti Démocrate. Quant à M. Macron, même sans s’appuyer, de manière visible, sur quelque formation politique de renom, il était, néanmoins, un banquier en vue et, surtout, il avait été un ministre de poids, sous le président François Hollande. Ni Obama, ni Macron ne sauraient être confondus avec des blancs-becs en politique, au moment de leur élection présidentielle…

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De plus, se haïssant gentiment, nos Opposants n’ont tenté de fumer, aucune fois, le calumet de la paix, pour choisir celui d’entre eux qui devait leur servir de porte fanion. Ils se sont présentés en rangs dispersés, face à un adversaire qu’aucun d’eux ne pouvait battre - ils le savaient tous - dans un combat singulier. Chacun d’eux voulait être Président de la République. Malheureusement, la Présidence de la République n’est pas un long banc où huit personnes peuvent s’asseoir à la fois. Que dire d’une campagne électorale calamiteuse : des promesses mielleuses qui ne tenaient pas compte des réalités économiques de notre pays, des affirmations gratuites et parfois offensantes ou des auto proclamations précipitées et contradictoires, que rien ne justifiait !... Quelqu’un nous a assuré que certains de nos prétendus Opposants n’étaient là que pour « s’échauffer », pour pouvoir disputer et gagner les prochains matchs, dans sept ans… Bonne chance !...