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Opinions of Tuesday, 10 December 2019

Columnist: Boris Bertolt

Mafia, sorcellerie et règlements de compte à la CNDHL

C’est le feuilleton qui secoue actuellement l’une des institutions sur lesquelles on pouvait encore compter par les temps qui courent de dictature sauvage. Les relations entre M. Chemuta Divine BANDA, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) et Mme Eva ETONGUE MAYER Jacqueline, la Secrétaire Générale de ladite Commission, ne sont plus au beau fixe depuis plusieurs mois.

Fait surprenant, le patron de l’institution en charge de la promotion et de la protection des droits de l’homme au Cameroun poursuit sa Secrétaire Générale devant les tribunaux pour des faits de détournements de deniers publics. Des faits très graves pour une institution sensée prêchée par le bon exemple ! Mais que s’est-il réellement passé ?

Tout commence en fin d’année 2014 avec la nomination de Mme Eva ETONGUE MAYER Jacqueline au poste de SG, jusqu’à lors Chef de Division de la Protection et de la Promotion des Droits de l’Homme et protégée du Président Banda. Celle-ci entre à la Commission comme Cadre chargée de la protection au début des années 2000 et gravit tour à tour les échelons jusqu’à sa consécration comme SG. A ce moment, le Président Banda et sa protégée semblait filer le parfait amour ! C’était sans compter avec le goût du lucre et avec l’ambition démesurée de celle dont on dit que le père Mayer est celui qui a installé la Rose Croix dans le Moungo et initié plusieurs pontes du régime.

Mme Eva, alors divorcée tour à tour de M. DOUMBE, officier millitaire, et de M. ELANGUE, Greffier officiant à Kribi, s’est remarié pour la troisième fois à M. TAMO, très introduit dans les réseaux de la Présidence de la République, dont le parrain n’est autre que Ferdinand NGOH NGOH.

Il est d’ailleurs fort probable que ce soit sous les conseils très avisés de ce troisième mari et leur mentor le SG/PR que Mme EVA trouve la force et le courage et la force de défier Banda, qui l’a propulsée où elle se trouve aujourd’hui. En réalité, il s’agit d’une bataille de voleurs qui a mal tourné ! Le partage de la manne financière allouée année après année par l’Etat et les bailleurs de fonds à la CNDHL.

Déjà quand elle était Chef de Division, les financements du Projet Droits Humain alloués en 2008 par le Programme des Nations Unies au Développement ont été gérés de manière chaotique ternissant la crédibilité de cette inistititution auprès de cette organisation onusienne à de centaines de millions de FCFA auraient enrichit Mme EVA et le Préisident de la CNDHL au détriment du personnel obligé à chaque fois de céder la moitié des gains qu’ils se faisait dans le cadre dudit Projet à ceux-ci.

Espérant tirer le plus grand profit de leurs positions respectives pour piller la CNDHL, le Président Banda et son Chef de division d’alors Mme EVA vont évincer à coups de correspondances motivées adressées au SG/PR l’ex SG de la CNDHL, M. OBONGONO EYE’E Barthélemy devenu trop suspicieux et casse pieds pour leur juteux business. Le Président Banda ne se doutait pas alors que sa protégée allait user des mêmes méthodes pour avoir sa tête !

En effet, ce qui se joue attuellement à la tête de la Commission est digne d’un opus hollywoodien. A peine nommée SG, Mme EVA ETONGUE MAYER va d’abord s’en prendre au personnel de l’institution qu’elle dirige, dont une dizaine ont été dès 2015 traînés en justice pour des faits de sorcellerie. La décision de justice rendue en 2017 a établi qu’il n’en était rien.

Après cet échec cuisant ayant décision depuis lors de ne plus traiter les parapheurs qui d’après elle contenait une poudre blanche sensée la tuer, elle s’en est prise directement à Banda, volant ses portrait à des fins de pratiques mystiques et badigeonnant les murs de la CNDHL de poulet et de décoctions bizarres.

Un Comité ad hoc mise en place au sein de la CNDHL pour statuer sur ces faits a rendu sa décision en 2017 allant dans le sens de suspendre le SG de ses fonctions et d’en appeler à sa révocation par le Chef de l’Etat. Ce qui a été fait.

C’était sans compter avec les réseaux NGOH NGOH qui veillait sur leur protégée et en voulait à Banda, cet anglophone devenu incontrôlable du fait de ses positions sur la crise anglophone. Il faut préciser que le concerné a toujours été favorable au dialogue et pro fédéralisme. Or NGOH NGOH veut être président et apporte donc son soutien aux anti Banda dont Eva Etongue. L’audience est prévue au tribunal le 14 janvier 2020. Cependant a également contre lui son vice-président: James Mouangue Kabila. Lui aussi proche des réseaux NGOH NGOH.

Une chose est incertaine à ce stade: l’avenir de Banda à la tête de la CNDHL est incertain.