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Opinions of Friday, 27 July 2018

Columnist: Kand Owalski

Présidentielle: le problème ce n’est pas Maurice Kamto, c’est le Bamiléké

En vérité, le problème ce n'est pas Kamto, c'est le bamiléké. Ce bamiléké qui selon Jean Lamberton représentait déjà en 1960 un caillou dans la chaussure du Cameroun. Pour engraisser alors la semence des antagonismes ethniques enfouie dans la conscience des camerounais, il rajouta séditieusement que ''les Bamiléké sont des « Soudanais » parmi des populations bantoues pures'' à qui appartient la terre Cameroun. Et une chasse aux bamiléké fut lancée avec pour résultat un véritable génocide côtoyant plus de 800 milles morts. La tête de mon grand-père fut coupée et enfilée sur une lance au marché Bamena! Plus tard, en 92 une autre chasse aux bamiléké eut lieu dans les villages du centre-sud. Alors qu'on s'attendait à une solution visant à construire l'unité nationale, le gouvernement camerounais sous la plume de Joseph Owona modifia la constitution dans le but d'encourager la conscience séditieuse et ethniciste chez ceux qui voyaient des bamiléké comme des envahisseurs et des ennemis.

Ainsi, en lieu et place de ''Tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement […]. Nul ne peut être inquiété en raison de ses origines'', on institua les notions d'autochtone et d'allogène pour assurer <>. Plus tard, les élites politiques du centre associées aux autorités religieuses s'accordaient pour s'opposer à la nomination de Wouking à Yaoundé. Qui ne se souvient pas de ce scandale ? L'écho de l'indignation retentit à travers de nombreuses lettres jusqu'au Vatican. Les murs de l'archidiocèse se virent enduire de celles de ces ''chrétiens'' qui ne voulaient pas d'un homme de dieu bamiléké. Cet homme de Dieu est, pour ce qu'il a vécu, le Jésus-Christ contemporain. Bien plus tard encore en 2012 Mgr Tony Bakot dans une sortie fracassante déclara sans euphémisme qu'il y'a ''trop de bamiléké à l'Université catholique'' et qu'il était urgent de revoir cette situation inacceptable. . .

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Peut-être faut-il se remémorer encore ces propos de Patrice Onana Onomo selon qui « Comme toutes les autres ethnies de l’arrière-pays, les Bamiléké accusent un retard par rapport aux Béti, aux Bassa et aux Douala. Ils ne peuvent accéder à l’administration, car l’éducation scolaire est lente à passer par eux. Mais il reste un métier dédaigné par les Béti, celui de commerçant […] qu’ils vont s’empresser d’embrasser>>. Cette déclaration barrait ainsi la voix à tout prétendant bamiléké à un poste administratif et partant à la magistrature suprême. On pourrait ainsi ressasser sans exhaustivité les déclarations de nos élites bétis qu’on n’oublierait pas celles du Patriarche Onembélé Zibi de regretté mémoire. Et ce qui s'apparente tant bien que mal à une injuste bamiphobie a su se transmettre de père en fils, souvent sur des fondements inappropriés. La haine et la rage envers ce peuple d'étrangers serait liées à ceci:
-- les bamilékés ont trompé nos parents pour acheter tous nos terrains.
-- les bamilékés sont tribalistes. Ils n'ont jamais vendu leurs terrains à personne. Le drame de ces alibis est que justement la majorité des gens qui se cachent derrière ces déclarations pour justifier leur hostilité n'ont jamais piétiné une autre terre que celle de leur centre-sud natal. Et c'est cela même le tribalisme. Ils sont tellement hostiles à l'étranger qu'ils refusent d'aller vers lui. Un peuple tribaliste ne s'enracinerait jamais dans le terroir d'un autre et tel est le propre de ceux qui accusent les bamiléké de tribalisme. Cela est d'autant plus vrai que ceux qui ont eu l'occasion de quitter leur contrée natale pour migrer vers les grassfields n'ont pas la même opinion sur le peuple bamiléké. Venez donc à l'ouest, je vous offrirai moi-même quelques lopins de terres. . .

Au sujet de l'élection présidentielle, le problème ce n'est donc pas le MRC mais le bamiléké qui est à sa tête et qui par le fait de cette présence brouille les réalités incontestables liées à l'hétérogénéité de ce parti. Ceux qui aujourd'hui qualifient le MRC de ''secte bahamique'' et de parti tribaliste ne l'ont jamais fait avec le Rdpc qui vit paradoxalement grâce au soutien, formel ou informel, des hommes d'affaires bamiléké, des chefs traditionnels de cette tribu et de nombreuses élites intellectuelles venant de là. A-t-on jamais traité le Rdpc de parti bamiléké pour autant que ses grands soutiens financiers viennent de l'ouest? A-t-on jamais traité le SDF de parti tribaliste alors que ses nombreuses élites et ses nombreux militants sont bamiléké ? Pourquoi refuse-t-on soudain aux bamiléké qui sont dans tous les partis politiques, d'appartenir aussi au MRC? La réponse est évidente.

Le président de ce parti est bamiléké et le Cameroun n'en a pas besoin. Historiquement, le bamiléké est désigné comme étant un danger pour le pouvoir central, celui de Biya qui est aussi celui de la France. Aujourd'hui une caste intellectuelle véreuse décidée à instrumentaliser la jeunesse béti contre les ''mangeurs de nkui'' font réciter à leurs enfants que la lutte acharnée contre la mal gouvernance de Biya cache en fait une volonté d'en découdre avec le peuple béti dont ce monsieur et ses ministres sont issus. S'ils y croient sans effort c'est parce qu'on ne leur a pas appris que les bamiléké ont toujours été contre toute paupérisation et seulement çà ! Ce n'est pas par tribalisme que nous avons combattu les colons français aux cotés de nos frères du littoral. Ce n'est pas par tribalisme que nous avons combattu le néocolonialisme français sous le régime de Ahidjo. Ce n'est pas par tribalisme que nous avons soutenu la candidature de John Fru Ndi en 1992. Ce n'est pas par tribalisme que le quart des 68 députés de l'Undp aux législatives de 1992 venaient de l'ouest. Pourquoi ce serait par tribalisme que nous combattons le régime népotiste, ventrocrate, assassin de Mr Biya ? Étranger sur cette terre nous n'avons fait que la défendre de tous les égoïsmes d'un groupuscule. Et voilà en fait l'origine du mépris de l'élite beti cleptomane entérinée par les déclarations de Lamberton et Messmer.

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Aujourd'hui plus que jamais nous avons décidé de soutenir le candidat Kamto et nous vous prions, Dieux du Cameroun, propriétaires légitimes de la mère patrie, de bien vouloir nous accorder ce péché, véniel ou mortel, cela dépend de vous. Si le peuple camerounais le veut bien, le président Kamto entrera à Etoudi comme Wouking était entré à Mvo Lyé et vous ne pourrez pas lui barrer le chemin!!