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Opinions of Monday, 21 October 2019

Columnist: La Nouvelle No 509

Réunion secrète à Sangmelima: des têtes vont tomber

La réunion présidée vendredi dernier, dans la maison du parti à Sangmelima, par le gouverneur de la région du Sud pour un retour à la paix a également été l’occasion pour les jeunes de faire le procès de l’élite du Dja et Lobo.

La réunion organisée vendredi dernier à Sangmelima par le gouverneur du Sud a particulièrement été courue non seulement par les forces vives du département du Dja et Lobo, mais aussi par plusieurs élites de la région du Sud. Il était question de comprendre ce qui s’est réellement passé, afin d’appeler tout le monde au calme et surtout à la retenue. En réplique à une intervention du ministre d’Etat Jacques Fame Ndongo et selon quelques intervenants jeunes, le président Paul Biya n’est pas au courant de ce qui se passe chez lui. Et ce, du fait d’une élite hypocrite et menteuse. Pour eux, le président de la République devrait être informé du ras-le-bol exprimé par les jeunes. Ce qui a désarçonné le ministre d’Etat Jacques Fame Ndongo.

Selon quelques témoins, les jeunes se sont plaints du chômage ambiant qui les frappe. Pour eux, à défaut de trouver des emplois administratifs, les jeunes du chef-lieu du département du Dja et Lobo devraient avoir le monopole de l’activité de moto-taximan. Au cours de la grande messe de vendredi dernier, de nombreux intervenants ont été pris à partie. C’est le cas de Jean-Jacques Ndoudoumou qui invitera néanmoins les jeunes à ne pas contrarier les avancées d’apaisement du Grand dialogue national initié et convoqué par le président de la République.

Selon nos sources, les représentants des communautés allogènes (Haoussa, Bamiléké et Bamoun) ont globalement fait amende honorable avec néanmoins un bémol pour les Bamoun dont la teneur du courrier du Sultan n’a pas toujours été au goût de l’auditoire. A en croire nos mêmes sources, le représentant personnel du sultan Bamoun dépêché à Sangmélima n’est pas passé par 4 chemins pour dénoncer les abus contre son peuple.

Il va marteler qu’« au Cameroun, chacun est chez lui » et qu’à Sangmélima, les Bamouns sont chez eux. Une intervention qui a suscité quelques remous dans la salle. Selon une idée largement répandue dans le chef-lieu du Dja et Lobo, les ressortissants bamoun constituent une source d’insécurité car, ils agressent, violent tuent pour trafiquer ensuite les organes et ossements de leurs victimes. Voilà pourquoi, vont quelques jeunes, ils devraient être exclus de l’activité de moto-taximan. Les jeunes présents à la maison de parti de Sangmelima entendaient ainsi renvoyer les allogènes à d’autres activités (boutiques, commerce ambulant, etc…). Une position, indiquent nos sources, qu’aurait soutenue Benoît Mvondo Assam, député du Dja et Lobo, qui n’a pas hésité à son tour de tancer les élites du Dja et Lobo pour leur égoïsme.

Selon une source introduite, le bilan des émeutes de Sangmelima est lourd : de nombreuses boutiques appartenant aussi bien aux ressortissants bamiléké, bamoun, nordistes et bulu détruits et quelques blessés graves pris en charge à l’hôpital d’arrondissement de Sangmelima. Mais qu’à cela ne tienne apprend-on, au cours de la réunion organisée par le gouverneur de la région du Sud, tout le monde tombé d’accord pour que la paix revienne et que les esprits se calment.

C’est d’ailleurs par ce même souhait que le père de Junior Benjamin Assam Belinga, la victime, a terminé son propos. Quant aux autochtones, indique notre source, ils ont promis de laver le linge sale en famille au cours d’une prochaine assise. Fait majeur, le gouverneur de la région du Sud a annoncé un plan d’indemnisation des commerçants victimes des pillages.