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Opinions of Sunday, 6 January 2019

Columnist: Maître Amédée TOUKO

Remaniement: Paul Biya institutionalise la gigantesque mafia-politico-financière

La multiplication des scandales à caractère politico-financier et l'incurie politique découlant du hold- up électoral du 07 octobre dernier, imposaient au Cameroun qu'il se réinventât pour se mettre à la hauteur des défis qu'impose le chaos-politique et socio-économique ainsi créé.

L'on attendait du Régime BIYA, qu'à défaut de restaurer simplement la vérité des urnes en remettant à son légitime vainqueur, Maurice KAMTO, sa victoire électorale, qu'il fasse montre d'une vraie intelligence politique en apportant une réponse idoine aux crises multiples qui gangrènent le Cameroun depuis 36 ans et bien davantage depuis 2016.

A la place, le dictateur camerounais a choisi de tourner le dos à l'indispensable opération-lucidité qui passe par l'autopsie de la gigantesque mafia-politico-financière. Celle là même qui, par le truchement de la commande publique, saigne le peuple camerounais, en détournant des sommes dont l'évocation du montant contraste avec la pauvreté endémique au Cameroun.

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A la place, le dictateur camerounais a choisi de maintenir et de promouvoir les hommes de son passif chaotique , ceux qui ont plongé le Cameroun dans la guerre fratricide la plus bête de l'histoire humaine, produit de la vanité et de la vacuité de ces hommes, dont la conservation du pouvoir est le seul projet qui vaille.

Le maintien des figures de cette crapulerie, tous partisans et soutiens de la guerre et donc du massacre des anglophones, n'offre aucune perspective de sortie de crise.

Tels des épouvantails, l'évocation de leurs seuls noms se conjuguent avec tous les maux qui gangrènent le Cameroun : Mensonge, tricherie, immobilisme, incompétence, corruption, népotisme, tribalisme, brutalité, arrogance.

Le maintien au gouvernement des faucons, comme Jacques FAME NDONGO, Ferdinand NGOH NGOH, Issa TCHIROMA BAKARY, Joseph BETI ASSOMO... sonne comme un NON à la résolution pacifique de la crise anglophone.

Aux yeux de l'opinion publique et davantage de l'opinion anglophone, ils incarnent avec Paul BIYA, la haine et le mépris de l'autre, et surtout la centralisation politique, la concentration des pouvoirs et la brutalité qui ont engendré le génocide en cours dans le Cameroun anglophone.

L'incapacité de ce régime cannibale, engraissé, épuisé, aux pouvoirs obèses, à faire montre d'une forme d'agilité et donc à réinventer de nouveaux logiciels pour juguler la crise, sonne le glas d'un système qui inéluctablement va s'écrouler, sous le poids de ses pesanteurs et surtout sous l'action conjuguée de la résistance politique multiforme qui s'organise...

La Corruption qui est l'arme atomique du pouvoir camerounais montrant ses limites, tant les acteurs politiques, aidés par l'efficacité redoutable des réseaux sociaux, fragilisent désormais par la dénonciation, les ravages que causent au sein des forces du progrès, les manœuvres du pouvoir...

La perspective d'une synergie des forces multiformes qui rêvent d'un Cameroun autrement géré s'agrandissant, l'agonie de ce régime devrait en toute logique s'accélérer. Tout d'ailleurs laisse croire que pour le Cameroun, BIYA et son système n'a pas d'autres ambitions, que d'être au pouvoir et de mourir au pouvoir.

Il n'éprouve aucune envie de convaincre ni de séduire. Tels des repoussoir, ils se contentent de s'imposer .