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Opinions of Friday, 15 February 2019

Columnist: cameroonvoice.com

Sérail: le MRC scandalise le régime Biya...un MRC bis en cours de création à Etoudi

Pendant longtemps, le Cameroun était devenu un modèle de démocratie où la pluralité des partis politiques garantissait au gouvernement en place une victoire à toutes les élections. Un système de parti unique ou l'opposition, affamée par le pouvoir, doit rivaliser d'ingéniosité pour masquer son soutien au parti au pouvoir. Depuis la dernière élection au Cameroun en 2018, Maurice Kamto a brisé cette dynamique, obligeant le sérail à adopter un nouveau Mouvement des Républicains du Cameroun (MRC virtuel).

Les Camerounais n'allaient plus voter à cause du système mis en place pour garantir à tous les coups une victoire du RDPC. Les autres partis ne jouant que le rôle d'accompagnateurs, moyennant un strapontin ou une garantie d'avoir le ventre plein pendant le mandat concerné. Plus grave, cette situation a obligé les Camerounais à ne même plus s'inscrire sur les listes électorales ou obtenir une carte d'électeurs. Pire, les Camerounais n'allaient même plus récupérer leur carte d'identité, tellement ils étaient dépités par l'abandon que leur procure ce gouvernement, laissant la victoire assurée à leur bourreau pour des éternités. Ce modèle a été tellement apprécié par la planète Françafricaine que des gouvernements entiers se sont autorisés du tourisme au Cameroun, sous le conseil de la métropole coloniale, pour s'imprégner de cette formule magique. C'est ainsi que, Ouattara, certifié d'avoir compris comment cela marchait, et convaincu d'avoir les mêmes soutiens que Paul Biya (Paris et le FCFA) s'est lancé dans son projet RHDP. Les perspectives de son RHDP sont catastrophiques mais en Françafrique, tout est possible. Pendant que la course est lancée pour la photocopie de ce modèle, Maurice Kamto a méticuleusement froissé et abimé l'original. Le RDPC est en déroute.

En effet, depuis la création du MRC en 2012, les performances de ce parti sur le plan de la formation politique et de la conscientisation des Camerounais donnent des sueurs froides au pouvoir en place avec des échos qui remontent jusqu'à Paris. Pendant l'année électorale 2018, les salives n'avaient pour langue que le MRC, le RDPC avait été complètement éclipsé et s'était résolu à se cambrer derrière son code électoral. Cette éclipse a atteint son paroxysme, aux vues des derniers évènements, avec l'arrestation de Kamto et la réaction des soi-disant partis d'opposition, on se demande comment le MRC a réussi à fédérer tous ces partis contre lui. Rappelons à tous que le MRC n'est pas le parti au pouvoir. Il est un parti d'opposition même s'il est en haut de l'affiche au Cameroun aujourd'hui. C'est sans aucun doute la confirmation que c'est le parti qui a gagné les dernières élections présidentielles.

Accusé de faire bloc contre le MRC, le RDPC et ses satellites de partis d'opposition, séduits par le MRC, viennent de mettre en place un MRC virtuel pour soutenir leur forfaiture : le Mouvement des Républicains du Cameroun. Un mouvement contre la république du Cameroun et sans le Cameroun car ce mouvement renie la constitution du Cameroun. Ce MRC virtuel s'appuie sur deux facteurs qu'ils espèrent imposer aux Camerounais:


Un seul mot d'ordre : Nous sommes Républicains
Une devise : Personne ne peut gagner les élections tout seul mais il est interdit de se réunir.

Le mot d'ordre : Nous sommes des républicains :

Au Cameroun aujourd'hui, les membres de l'opposition, avec l'appui des journalistes, intiment à tous les autres de ne pas dénoncer le hold-up électoral, les détournements de fonds, les assassinats, les privations de droits et des violences de toutes sortes. Sinon vous serez traités simplement d'anti républicains. Ainsi, par exemple, les Camerounais, qui ont assisté à l'assassinat, parmi tant d'autres, d'une femme avec un enfant dans le dos, sont invités à glorifier cette ignominie comme acte de bravoure. Il est inutile de mentionner les péripéties de la marche du 26 Janvier. Ceux qui ont essayé, sur un plateau de télévision ou au micro d'une radio, d'évoquer les dernières élections au Cameroun peuvent en témoigner. Ils ont reçu une rafales de réprimandes et de la part des journalistes et de la part des autres panelistes, qui leur ont rappelé, dans un chant à l'unisson : « Nous sommes républicains » et ils ajoutent « les dernières élections sont entrées dans l'histoire. Et pas dans n'importe quelle histoire, car il ne faut surtout pas ou plus en parler ».

Une devise : Personne ne peut gagner les élections tout seul mais il est interdit de se réunir.

Au Cameroun aujourd'hui, il est désormais interdit de se rassembler, sur une place publique ou privée, pour une réunion privée ou publique. Une situation que seul le MRC (original) refuse d'accepter car cette mesure est anti constitutionnelle. Au rythme où vont les choses au Cameroun, bientôt il sera interdit à deux conjoints ou à un couple de se retrouver sans avoir au préalable déposé une déclaration auprès de l'autorité administrative de tutelle. C'est cette situation que brandit le MRC (virtuel) pour insister sur le fait que personne ne peut gagner les élections seule (comme si on pouvait gagner les élections seuls) et d'insister sur le fait qu'il faille d'abord se réunir. Les républicains insistent beaucoup sur ce point parce qu'ils savent que leur coalition en parti unique, a les moyens financiers, étatiques et militaires pour interdire ou paralyser une réunion de l'opposition. En plus ces mêmes républicains interdisent à l'opposition d'exercer son droit constitutionnel de se réunir ou de manifester. Ils insistent que ce n'est pas républicain. Vous avez dit républicains ?

En conclusion, la mission de Kamto est un succès sur tous les plans et ce MRC de Maurice Kamto est une source d'espoir pour les Camerounais. La souffrance des Camerounais a atteint de tels sommets que le mouvement des Républicains du Cameroun ne pourra que battre de l'aile pendant que la Renaissance du Cameroun s'accélère. Je souhaite que le bon sens continue à faire place aux rêves fous et que les leaders camerounais rejoignent Kamto pour imposer le changement.