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Opinions of Thursday, 9 January 2020

Columnist: Douala Ngando

Trahison au Nord, deal secret avec Biya: les mensonges de Issa Tchiroma

Je m’excuse auprès de Equinoxe TV, la télévision la plus visualisée du Cameroun et même sur internet, car elle va devoir consentir au changement du nom de son émission hebdomadaire la plus courue, le temps d’un soir pour ne pas paraître complètement décalé par rapport au ton de l’émission. Il faut admettre que cette dérogation s’impose car l’invité du jour était un certain Issa Bakary Tchiroma. Un ministre qui s’est enveloppé d’un manteau sombre qu’on appelle le mensonge et dont il semble apprécier la parure comme la preuve qu’il accorde à son mentor, Paul Biya, le droit à toutes les formes de dérives machiavéliques et inimaginables.

Quoiqu’on dise, le ministre a été servi ce Dimanche car les journalistes de Equinoxe, tout en le laissant s’entremêler les pinceaux dans ses mensonges, ont pris le soin de l’en enfermer comme s’il était obligé dans cette émission de ne dire que des mensonges. Une stratégie que Monsieur Tchiroma a bien assimilée car du début à la fin de l’émission, il n’a fait que mentir. Il aurait assuré un parcours sans faute de champion du mensonge n’eut été la petite fausse note sur les 75% de sous emploie au Cameroun. Une vérité qu’il a reconnue au grand étonnement des journalistes et de tous les téléspectateurs. Comme quoi, même le serpent peut se renverser. Mais, rassurez-vous, ce vieux briscard du mensonge a plus d’un tour dans son sac car, comme nous allons le voir plus loin, même quand il admet une vérité incontestable c’est pour mieux faire reluire un gros mensonge décoiffant. Issa Bakary Tchiroma, à travers des refus de réponses, des menaces et des déformations de l’histoire a menti sur :

Les termes de son contrat avec Paul Biya avant sa sortie de prison
La vérité c’est que Tchiroma avait trahi ses frères d’armes et avait promis à Paul Biya de faire voler en éclat l’UNDP, en échange d’un poste ministériel. Le cheminot va accomplir son rêve avec la trahison l’UNDP dont il sera chassé et la trahison de Samuel Eboa qui sera bastonné dans la rue comme un vulgaire délinquant. Cet évènement est le marqueur incontestable du basculement du régime de Yaoundé dans l’horreur qui nous accompagne jusqu’à nos jour.

La justification de son entrée dans le Gouvernement en 1992
Alors que son entrée dans le gouvernement sanctionnait la juste rétribution de sa trahison, Issa Tchiroma admet qu’il est entré dans le gouvernement, contre l’avis de l’UNDP, pour protéger les citoyens qui avaient voté pour l’UNDP des représailles violentes et barbares du régime RDPC. Quel seigneur ce cynique ? Et avec tout ça, ces ingrats de l’UNDP ne l’ont pas remercié. Bref, ce menteur, dans sa fuite de la vérité, affirme qu’il a rejoint le pouvoir pour organiser des représailles sauvages contre les autres partis d’opposition de l’époque qui n’avait pas voté pour le RDPC. Et cette pratique est en vigueur jusqu’à aujourd’hui, avec les mêmes hommes aux commandes.

Le péage routier
La plus grande réussite de Issa Tchiroma au ministère des transport n’est pas d’avoir réduit la longueur des chemins de fer du Cameroun, lui qui est cheminot, mais plutôt d’avoir mis sur pied une machine de spoliation des citoyens Camerounais digne d’une mafia Sicilienne. En effet, le Cameroun n’est pas seulement le seul pays dans le monde qui n’a pas d’autoroutes, mais c’est aussi le seul pays où les usagers de la route paient une route qui n’est pas fonctionnelle. Ces usagers paient en fait le droit de défier la mort. Précisons qu’à travers le monde entier et même en Afrique, l’état, directement ou indirectement, fait d’abord construire les routes viables avant de les faire payer aux usagers. Cette opération de corvée à ciel ouvert va drainer des milliards que Tchiroma jure ne pas connaître la destination. En tout cas le fruit de ce banditisme va lui coûter sa place car très vite un certain Joseph Tsanga Abanda va mettre la main sur ce gîte de miel.

L’indemnisation des victimes de l’avion de la CAMAIR
Sans répondre à la question sur le détournement des 32 milliards qui devait servir à indemniser les patients, il s’est contenté d’expliquer que ce n’était pas son rôle de veiller à l’indemnisation des citoyens dans la détresse. Il s’est abstenu de préciser que ce n’est pas son rôle non plus de détourner des milliards. Une aptitude que les Camerounais ont pu apprécier dans le cadre des préparatifs de la CAN 2019.

Le rapatriement du corps d’Ahidjo
Mr Tchiroma, auréolé de sa posture de porte-parole d’un grand Nord qu’il ne connaît plus, explique tel un Imam des péninsules du Golfe persique que les habitants du Nord sont très confortables avec la dépouille d’Ahidjo à Dakar car pour les musulmans, dit-il, l’homme est enterré là où il tombe. Il faut quand même rappeler à cet Imam des temps obscurs que Ahidjo a été et reste le premier président du Cameroun ; que Sadou Hayatou, ancien premier ministre tombé à Genève a été inhumé à Garoua ; et que le général Iranien Soleimani, tombé en Irak récemment a été transporté à Téhéran en Iran. Ce Tchiroma comprends mieux l’Islam que l’Ayatollah Khamenei. Au quartier Nkongmondo à Douala, on dit que les mensonges ont de courtes jambes.

La liberté de la presse
Ce chapitre a démontré le danger de confier un ministère de l’information à un individu qui ne connaissait que les boulons, les traverses, les cailloux, la graisse et les rails. Fidèle à ses tics de terroriste de la presse, il n’a pas hésité à critiquer la voix du Sahel, le seul média qui constitue la seule lanterne, la seule torche qui nous permet encore de comprendre le drame de misères et de terreurs que subissent ces régions du Nord complètement abandonnées par son gouvernement. Tchiroma (sans Monsieur) ment sur la liberté de la presse, alors qu’aucun journaliste ne peut se rendre dans le NO-SO. Les journalistes n’ont pas le droit de savoir ce qui se passe au port de Douala ou encore ce qu’il a pu faire pour l’emploi depuis 12 mois. Il considère l’emprisonnement des journalistes comme un détail sans importance et trouve normal l’exil de nombreux journalistes Camerounais pour préserver leur vie.

L’assassinat brutal de deux femmes avec leur enfant sur le dos
Dans cette émission, il n’était pas question de revenir sur son mensonge grossier par rapport à ce sujet. Ce qui a révulsé les téléspectateurs c’est de voir Mr Tchiroma, dans cette fuite en avant, affirmer qu’il est prêt à accepter que les soldats Camerounais assassinent froidement ses propres filles, à lui, avec ses petits-enfants sur leur dos, à partir du moment où c’est pour défendre l’intégrité du territoire ou pour venger leur camarades. Cet homme est très proches de la folie. Monsieur Tchiroma, quelles que soient les raisons, abattre froidement deux pauvres femmes avec les enfants sur le dos n’est pas acceptable. Cela dépasse l’entendement d’un humain.

La victoire de son Mentor dans le grand Nord
Mr Bakary ment sur la victoire de Paul Biya dans le grand Nord. Les résultats du grand Nord ont été désastreux pour Paul Biya. Le vieux président avait tenté de corriger cette tendance en se déplaçant à Maroua pour le seul acte de campagne du hold up de 2018, mais il était trop tard. Mamadou Mota et son escadrilles avaient transformé les moutons de Tchiroma en véritables citoyens. Mr Bakary sait très bien que ELECAM a les vrais chiffres qui expliquent d’ailleurs sa rétrogradation dans le gouvernement et la mise sous la sellette de quelques barons du Nord. D’ailleurs, il ne doit sa présence dans le gouvernement qu’au chaos étourdissant qui règne à Étoudi.

Les raisons de sa candidature aux élections
Justement, sachant qu’il va sauter du gouvernement dès la moindre secousse, Mr Tchiroma a négocié avec son mentor une porte de sortie pour se réfugier à l’assemblée nationale. C’est la raison de sa candidature aux élections. Et il va y arriver non pas par le vote des gens du Nord mais tout simplement parce que c’est ELECAM qui distribue les sièges. En fait les gens du Nord, qu’on tue avec leur enfants sur le dos, ne peuvent pas voter pour Tchiroma. Franchement, ce grand menteur a certainement réussi à faire pleurer certains téléspectateurs de Equinoxe TV quand il décrivait la situation moyenâgeuse dans le grand Nord tel un écorché vif, de retour d’exil, découvrant sa région natale totalement dévastée, comme si elle a été balayée par un tsunami. Moi, je n’ai pas écrasé une seule larme, comme la plupart de ceux qui se disent mais cet homme qui parle est dans le gouvernement depuis 1992. Cet homme et son mentor ont planifié l’abandon du grand Nord dont il ont intégré l’inexistence (80% des enfants de cette région n’ont pas un acte de naissance établi et ne sont pas enregistré dans le fichier nationale qui est lui-même obsolète (ce pouvoir est fou).

Nous allons nous arrêter là mais nous ne pouvons pas sortir de ce chapelet de mensonges sans mentionner la virgule du grand maître du mensonge. Monsieur Tchiroma a admis que le taux de sous-emploi au Cameroun est de 75 %. Un taux qu’il a appuyé en expliquant que le gouvernement y travaillait depuis près de 20 ans. Est-ce un aveux d’échec de son action ? Difficile à dire mais cette entourloupe lui a permis d’expliquer qu’il n’a pas transmis au Président Paul Biya, qu’il n’a d’ailleurs pas vu depuis 12 mois, les chiffres de son action par rapport au 500 000 emplois que Paul Biya avait annoncé. Un mensonge qui sauve donc le silence de son mentor. La seule preuve dont disposent les journalistes, par rapport à ces 500 000 emplois, ne se limite qu’aux 1000 postes d’enseignants dont Monsieur NDongo veut en faire une source d’argent. Conscient de cela, Mr Tchiroma a expliqué aux journalistes Camerounais qu’il ne peut pas communiquer sur ces chiffres car dit-il, les Camerounais n’ont pas le droit de savoir, c’est un secret d’état, exclusivement réservé au chef de l’état. Aaahh ! Cet homme est une mousse imbibée de cirage. D’ailleurs les Camerounais ne sont pas intéressés, pense-t-il. Vous comprenez maintenant les 75 %.