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Religion of Sunday, 5 May 2019

Source: Gazeti237.com

Église catholique: les coulisses de l’élection de Abraham Kome

C’est la principale nouvelle de cette fin de semaine au Cameroun au sein de l’église catholique. Monseigneur Abraham BOUALO KOME est le nouveau président de la conférence épiscopale nationale. Celui qui assure en ce moment les charges d’évêque de Bafang dans la région de l’Ouest a été élu ce vendredi 3 mai au troisième jour des travaux de la 44è assemblée plénière élective de la réunion des évêques à Mvolyé à Yaoundé.

Il prend la tête de l’assemblée des évêques au Cameroun à la faveur de la fin des deux mandats légaux auxquels pouvait avoir droit le président sortant Monseigneur Samuel KLEDA, par ailleurs archevêque de Douala. Ce dernier a dirigé la conférence épiscopale d’une main de fer depuis 2013 en bénéficiant d’un renouvellement de la confiance de ses pairs en 2016 à l’expiration de son premier mandat.

Un KLEDA Bis ?

Dès l’ouverture des 44è assises de la conférence épiscopale, des noms de potentiels remplaçants du « président sortant frondeur” ont circulé. En bonne place, celui de l’archevêque métropolitain de Yaoundé Monseigneur Jean MBARGA. Certains lui attribuaient d’ailleurs une position de favori du vote. Mais, c’était sans compter sur le contexte et les secrets du choix des prélats. L’église catholique est en effet à la croisée des chemins au Cameroun. Des questions délicates comme la crise socio-politique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la crise politique née de la présidentielle d’octobre 2018, mais surtout le décès controversé de l’évêque de Bafia l’interpellent. Sur les unes et les autres de ces questions, l’église tient à se faire entendre. Mais davantage sur la mort de l’évêque de Bafia en 2017. Sur ce sujet, la justice « fait son travail » a déclaré Samuel KLEDA qui a réitéré jeudi aux médias à Yaoundé que Monseigneur Jean Marie Benoît BALA a été assassiné et que seuls les auteurs du crime restent à démasquer évoquant la plainte portée contre X par l’église à la suite de la découverte de la dépouille de l’évêque de Bafia dans les eaux de la Sanaga. Sur la question comme celle du climat socio-politique au Cameroun, l’archevêque de Yaoundé réputé proche du régime est plutôt tiède. Alors que son confrère de Douala émettait des doutes sur la large victoire de Paul BIYA à la présidentielle dans la Région de l’Extrême Nord et dans les Régions anglophones, Mgr Jean MBARGA avait estimé l’an dernier que le scrutin est passé et avait son vainqueur. La même rupture s’est observée après le décès de l’évêque de Bafia. Mgr Jean MBARGA, lui, avait invité les fidèles à confier les mobiles de son décès à Dieu. Même configuration dans les réactions autour de la gestion de la crise anglophone où Mgr Samuel KLEDA s’est fortement indigné du laxisme des pouvoirs publics tandis que l’archevêque de Yaoundé se montre plutôt réservé. Au sortir de l’assemblée de Yaoundé, c’est la tendance proche de l’archevêque de Douala qui est confortée.



D’après des sources proches de la conférence épiscopale, Monseigneur Samuel KLEDA lui-même aurait « mobilisé » en faveur de l’élection de Monseigneur Abraham KOME à la tête de l’assemblée des évêques. Ainsi, il a été suivi au final par la plupart des 26 évêques réunis à huis clos à Mvolyé. Le nouveau Président de la conférence épiscopale nationale n’est pas choisi au hasard puisqu’il conduit depuis la mort de Mgr Jean Marie Benoît BALA le diocèse de Bafia en tant qu’administrateur apostolique. Il devra donc jouer un rôle clé dans la poursuite de l’enquête autour de la disparition du prélat. Si certains voyaient en Monseigneur Samuel KLEDA un « opposant » en raison de ses prises de position jugées sévères vis à vis du régime de Yaoundé, le profil de Monseigneur KOME n’est pas loin de là.

« De Nombreuses personnes ont pensé que Mgr KLEDA était stricte ou sévère mais rassurez-vous que Mgr KOME l’est davantage. Au regard des enseignements qu’il nous a prodigués, c’est quelqu’un profondément opposé à la mal gouvernance, le mensonge, la corruption bref tout ce qui va en l’encontre du bon sens » décrit un fidèle du diocèse de Nkongsamba dans le Moungo où Monseigneur Abraham KOME aura servi pendant 13 ans soit de 1999 à 2012 avant sa nomination comme évêque de Bafang. Titulaire d’une licence en Philosophie, il est né le 2 juillet 1969 à Loum dans le MOUNGO. Après des études primaires et secondaires au collège Saint Pierre et Paul de Loum il entre au petit séminaire et est ordonné prêtre en 1999. Pendant 4 ans il aura été curé de la paroisse de Kékem. Il est réputé également proche de l’actuel évêque de Bafoussam Monseigneur Dieudonné WATIO. Le nouveau président de la conférence épiscopale nationale du Cameroun est secondé par Monseigneur Andrew NKEA du diocèse de Manfé dans le Sud-Ouest. Ce dernier remplace Mgr George NKUO du diocèse de Kumbo dans le Nord-Ouest.

Attendu le communiqué final de cette 44è assemblée plénière élective de la conférence épiscopale nationale du Cameroun